Des solutions, j’en ai plein – km 7836

Je ne peux pas vraiment dire que je suis en vacances, parce que pour être en vacances, il faut avoir un emploi et comme je n’en ai pas je ne peux pas prendre de vacances. Par contre si vous me demandez ce que je fais dans la vie, je réponds que je suis aventurier… c’est vrai, le salaire est vraiment pas bon (même que je paye de l’argent), sauf s’il peut être calculé en découvertes, expériences et plaisir, alors là, je me sens comme une super star – très bien payé merci ! Alors comme aventurier, j’ai un bureau avec une super vue, qui change tout le temps, pas beaucoup de pression de mon patron et un horaire flexible. Mon bureau, c’est mon vélo et j’y passe environ 6 heures assis, les jours où je travaille (y,a les jours fériés, les vacances, peut pas vraiment travailler plus de 40 heures par semaine sinon, il faudrait être payé temps et demi pis en plaisir, c’est dur à faire). Au bureau, j’ai pas de projets particuliers, j’ai seulement à penser et regarder la route une fois de temps en temps – question de pas trop me perdre…

Je prends donc le temps de trouver des solutions aux problèmes de la planète et des solutions, j’en ai ! Pis avec l’internet, je peux me tenir au courant des problèmes qui habitent le Québec. Donc, premièrement pour régler les problèmes dans la construction et plus particulièrement dans les routes, je suis rendu un expert. J’ai fait un peu de route ces temps-ci et comme je ne roule pas très vite, j’ai le temps de bien observer les différentes méthodes / matériaux / techniques / pratiques / politiques de construction. Alors pour régler les problèmes des routes qui craquent et qui sont pleines de trous j’ai un paquet de solutions pour le ministère des transports : si on pense à long terme, la meilleure solution, c’est de devenir membre de l’Union européenne. Je sais, le Québec, c’est pas vraiment en Europe, mais techniquement la Turquie non plus, alors ça pourrait marcher. C’est aussi pourquoi j’ai mis ça dans la catégorie des solutions à long terme… ça va donner le temps au gouvernement de faire toutes les démarches nécessaires. Pourquoi je pense que c’est une solution ? Avez-vous vu les routes en Lettonie ? Elles sont presque parfaites. Flambant neuves avec des belles pancartes « réalisé grâce au support de l’Union européenne ». Y’a des exemples pareils en Estonie, en Lituanie, en Pologne (sauf que comme c’est un grand pays, il reste un peu de travail à faire) et même en Espagne. Je sais, à quoi ça sert des solutions à long terme quand on vient de défoncer la suspension sur sa Honda Civic ? Il nous faut des solutions à court terme !

Ben j’en ai aussi ! La première, mais je pense que je me suis déjà fait scooper par le gouvernement là-dessus : engager des firmes d’ingénierie et de construction espagnoles. Y’a une expertise en construction pas mal inégalée ici. Vous le savez peut-être, mais l’Espagne connait une certaine crise économique ces temps-ci. Un mélange de dette élevée, de chômage important et de marasme économique. Le tout causé principalement pas une bulle de la construction qui vient d’éclater. Comment, dites-vous, cela peut-il être bon pour le Québec ? Eh bien voilà : les Espagnols sont dans la dèche parce qu’ils ont trop construit et que toute l’économie tournait autour de la construction et qu’ils ne pensaient qu’à construire et qu’ils ont mis en chantier tout ce que l’on peut imaginer mettre en chantier. Résultats, ils ne savent à peu près rien faire d’autre que construire et avec un taux de chômage qui tourne autour des 25%, y’a un paquet de gars de la construction qui se cherchent du travail et qui seraient prêts à travailler pour pas cher pas cher. En plus, ils travaillent bien et vite. Par exemple, j’ai moi-même subit les effets de leur efficacité. Vous le savez déjà, je fais mon aventure sans GPS et j’ai seulement des cartes routières quand j’en trouve dans les bureaux de tourisme. Je planifie donc ma route en utilisant beaucoup internet et surtout Google Maps. Ben, l’autre jour, sur la côte de la Méditerranée – au sud de Valencia, j’avais planifié ma route le soir pour le lendemain et regardé les images satellite sur internet. Ça fait pas 25 km que je roule et paff devant moi, une route toute neuve vient d’apparaitre – pis pas la petite route non plus, deux voies dans chaque sens avec des ponts des tunnels pis tout pis tout. Ils ont construit ça durant la nuit parce que sur Google Maps c’était pas là hier. Pis du beau travail en plus, même les lignes étaient sèches et les panneaux de signalisation accrochés.

Une chose que j’ai réalisé en cours de route, c’est que les cartes routières (papier ou sur internet) ne présentent pas toute l’information. Peut-être que les cartographes pensent encore un peu comme Christophe Colomb. Ben j’ai des petites nouvelles pour vous : la terre n’est pas plate et vos cartes me cachent quelque chose. Je l’ai VRAIMENT réalisé à mon entrée en Espagne en venant de la France. À la frontière, il y a une petite formation géologique que l’on appelle amicalement les Pyrénées. Je regarde sur internet (encore Google Maps) pour trouver la meilleure route pour moi pauvre cycliste. Je clique sur l’option « éviter les autoroutes » et planifie mon chemin. Seulement 70 km à faire dans la journée, il fait beau et il n’y a pas de vent – pfffffff facile. Sauf que, ce que Google Maps ne dit pas c’est que je devrai monter 700m de dénivelés sur une route de campagne qui après un moment (quelques heures en réalité) devient en gravier puis en terre. Le tout pour m’amener à la frontière où la route redevient asphalté (avec accotement – merci !). Ça été l’une des plus dures journées de mon aventure. Le pire c’est qu’il y avait une autre route (qui avait un numéro d’autoroute, mais qui n’en est pas une) qui ne montait qu’à 200m. Est-ce que je suis fâché / déçu de la chose ? Non, je suis satisfait. J’ai souffert durant la montée, j’ai eu mal aux jambes pendant 3 jours et j’ai sué comme un cochon et j’ai réussi même quand je ne pensais jamais arriver au sommet. Et pour me féliciter, il y avait un beau chien de berger qui m’a accueilli en traversant la frontière. Accueilli, c’est une façon de parler – son troupeau de mouton traversait la route et pour lui je devais être une menace parce qu’un chien de berger, qui a l’air d’un gros toutou, ça peut grogner et montrer les dents. Je toute façon j’avais besoin d’une petite pause de 10 minutes avant d’entamer les 15 km de descente qui se présentaient devant moi (oh quel délice…)

Délice est le mot que défini le mieux mon Espagne, oui, c’est devenu MON Espagne – je l’ai adopté ! Pour ses délices culinaires et pas seulement la paella, mais aussi le poulet grillé, le poulet en sauce, les fruits de mer, les clémentines, les olives de toutes sortes, le jambon, le touron, les churros, le vin rouge ou blanc, le cava et toutes les autres merveilles que j’ai pu y manger. La cuisine espagnole est plutôt simple, mais très goûteuse et favorise la fraîcheur les aliments. En plus, c’est pas très cher en comparaison avec le reste de l’Europe. Un des bons côtés de la crise économique. Pour un cycliste que consomme deux fois plus de nourriture qu’une personne normale, c’est comme remplir mon réservoir avec du super sans plomb au prix de l’ordinaire. L’Espagne c’est aussi un délice pour les yeux. J’y ai vu des paysages extraordinaires. C’est sûr qu’en longeant la côte de la méditerranée, je n’ai pas tout vu, mais ce que j’ai vu était assez beau merci. Il y a beaucoup de montagne, des plages de sable blanc et même des déserts. Je pense que je ne répèterai jamais assez, le vélo est un des meilleurs moyen de transport pour faire du « slow travel » (inspiré du « slow food ») parce qu’il oblige à utiliser les petites routes, celles qui passent par les petits villages ou qui longent le long de la mer ou qui nous amènent dans les villages qui étaient prospères il y a 50 ans. Les anciens villages miniers avec les équipements en ruine ont tout un charme comme le désert de Tabernas (c’est pas un gros mot), là même où Sergio Leone filmait ses « western spaghetti ». On pourrait penser que toute la beauté se trouve en campagne et qu’il n’est reste plus pour les villes. Heureusement, il en reste plein pour les villes. Barcelone est vraiment extraordinaire avec sa plage, la Rambla et son architecture art nouveau lègue du génie de Gaudi. Signe qu’il ne faut pas se fier à sa première impression, j’ai roulé dans Barcelone en arrivant du nord vers 15h un samedi et la ville semblait morte. Il n’y avait personne dans les rues et tous les commerces étaient fermés, heures de la sieste obligent. En plus, le warmshower qui m’accueillait ce jour là habitait tout en haut d’une côte. J’en ai sué quelques gouttes et je n’étais pas impressionné par la ville. Pas trop grave, j’avais seulement prévu y rester deux ou trois jours – le temps de visiter la Sagrada Familia. Je me suis vite rendu compte que de l’appartement en haut de la côte, j’avais une vue imprenable sur la ville et le parc Guëll et que la ville a un charme indéniable. J’y suis finalement resté une semaine. Je pourrais vous parler des charmes de Valancia, un peu plus au sud avec sa vieille ville compacte ou sa cité des arts et des sciences, de la transformation du lit de la rivière Turia en un immense parc long de plusieurs kilomètres. Je ne pourrais jamais rendre justice à la beauté la ville.

Enfin, le délice des gens que j’ai rencontrés ou croisés sur ma route. On pourrait penser que le paradis des cyclistes se trouve en Hollande au Danemark ou en Suède. On se tromperait, il se trouve en Espagne. Il n’y a pas beaucoup de pistes cyclables, mais les routes sont en excellente condition, les accotements sont larges et les automobilistes ultra-respectueux. Ils ralentissent en laissent beaucoup de place aux cyclistes. Et des cyclistes, il y en a sur toutes les routes. J’ai dû en croiser des centaines. Ça fait tellement de bien de se faire saluer avec un grand sourire, un bravo ou simplement un hola! Je me sentais comme dans un grand club cycliste. J’ai même croisé quelques professionnels, les mêmes qui courent dans le Tour de France. Un grand nombre d’entre eux choisissent le sud de l’Espagne comme lieu d’entrainement en hiver. C’est assez impressionnant de partager la route avec eux sauf qu’ils ne sont pas très forts pour saluer. Faut croire que le vélo est rendu sérieux à ce niveau là!

En fait, ce n’est pas un club cycliste, mais une famille cycliste. C’est comme chez mon warmshower de Barcelone – en haut de la côte – Adela, elle était une des deux warmshowers qui étaient prêts à m’accueillir. J’ai choisi son sofa plutôt que le plancher de Chris. Le soir de mon arrivé chez Adela, elle recevait quelques amis. Elle me présente entre autre son amie qui dit tout de suite : « salut Erick » avant même que j’ai pu dire mon nom. C’était Chris – mon plan B. On aurait pu croire à une coïncidence… Je suis arrivé à Valencia avec une heure de retard et mon warmshower n’était pas là pour me recevoir. J’ai attendu un peu. J’avais vu une cabine téléphonique au coin de la rue et j’ai décidé d’appeler Silvia pour lui dire que j’étais arrivé et que je l’attendrais devant la porte. J’essayais de comprendre comment le téléphone fonctionnait quand un barbu à l’air sévère s’approche de moi et me dit de venir avec lui en espagnol. Mon air perplexe devait trahir mon inquiétude et il m’a dit « yo soy el papa de Silvia » – fiew, c’était son père. Il venait porter une chaufferette au gaz à sa fille et m’avais vu avec mon vélo chargé comme un mulet. Je l’ai aidé à monter la chaufferette et y brancher le gaz. Silvia m’a raconté une anecdote qui lui était arrivé un peu plus tôt dans l’après-midi. Elle a croisé un ami qu’elle n’avait pas vu depuis un bout de temps au centre de Valencia. Elle lui a dit qu’elle ne pouvait pas parler trop longtemps parce qu’elle devait retourner à la maison pour accueillir un cycliste. Erick ? lui demande son ami. Oui, comment le sais-tu ? De lui répondre Silvia… C’était Josep, mon plan B à Valencia. Il habitait à 7 km à l’extérieur de la ville alors que Silvia était à 1 km du centre. Ma famille cycliste grandit au fil des kilomètres…

Confidences sur un oreiller – km 6326

Avant de débuter mon aventure, j’avais la présomption que tous les humains étaient bâtis en suivant le même plan. Bien sûr, il y a des petites différences, mais rien de majeur. Certains sont plus grands, d’autres plus petits, des un peu plus minces et d’autres un peu plus ronds; des femmes et des hommes. Et pour la diversité, le tout est disponible dans une vaste combinaison de palettes de couleurs pour la peau, les cheveux et les yeux. Eh bien, je me suis trompé. Il y a des différences fondamentales entre la morphologie des habitants des pays que j’ai visités jusqu’à maintenant. Et comment en suis-je venu à cette conclusion ? Les oreillers !

C’est impossible à comprendre, mais j’ai dormi sur tellement d’oreillers aux formes différentes en six mois qu’il faut qu’il y ait des vraies différences. Comme base de comparaison, je ne vais pas utiliser mon oreiller de camping qui fait 30 X 15 cm, mais plutôt l’oreiller standard de lit double sur lequel je dors depuis plusieurs années. Il est de forme rectangulaire et permet de supporter la tête qu’on dorme sur le dos ou sur le côté. En Scandinavie (Norvège, Suède et Finlande), on retrouve sensiblement le même type d’oreiller. Les différences commencent à apparaître en Allemagne où on retrouve des oreillers carrés. Ils ont la même largeur que les nôtres, mais sont carrés. Résultat, soit on mets les épaules sur l’oreiller ou on descend dans le lit pour l’utiliser comme un modèle nord-américain ce qui peut causer un dépassement des pieds à l’autre extrémité du lit. Dans les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) et en Pologne, on en retrouve deux types : le super mince et le super dur qui est un peu comme un annuaire dans un taie d’oreiller. En Espagne, il y a le rectangulaire super large – de la largeur du lit. Donc un seul oreiller par lit. Pour moi, ce n’est pas grave, car j’ai l’oreiller à moi tout seul, mais j’ose même pas imaginer la chicane que ça peut causer pour les couples… Par contre, mettre la taie d’oreiller est tout un défi. Je me suis battu avec une pendant au moins 15 minutes avant de me rendre compte qu’elle était ouverte aux deux extrémités pour faciliter l’enfilement. Sont pas si fous que ça les espagnoles en fin de compte. Et le pire des pires oreillers sur lequel j’ai posé ma tête, est le boudin français. En plus d’être haut, il est assez rigide. J’en mal au cou juste à y penser.

Nice is nice !

À part ça, les cousins Français sont assez gentils et ils aiment bien les cyclistes. Ça faisait 15 km que j’avais traversé la frontière avec l’Allemagne qu’un automobiliste s’arrête devant moi pour me dire que j’avais échappé quelque chose (mes gants et un « bungee cord »). Il m’a raconté son dernier voyage à vélo pendant au moins 20 minutes. Un peu plus tard dans la journée, c’est une cycliste qui vient me faire la conversation en roulant. Elle me demande où je vais et me dit que ça tombe bien parce qu’elle va dans la même direction et qu’elle pourra me guider. Nous avons donc roulé ensemble dans les vignobles Alsaciens – c’était de toute beauté. Le seul hic, c’est qu’elle m’a fait prendre un « raccourci » de 30 km. J’ai roulé 30 km de plus que je ne l’aurais dû, mais bon, le soleil était de la partie.

Quelques jours plus tard, en Provence, un autre cycliste a offert de me guider. Il m’offrait trois chemins l’ascension du Castelet. Une longue avec une grosse montée, une courte qui monte tout le temps très fort et une moyenne qui monte de façon régulière. J’ai choisi la troisième et cette fois c’était la meilleure solution même si encore une fois on passait à deux coins de rue de sa maison. Ce coin de la France est vraiment très beau. Comme la Côte d’Azur où j’ai passé quelques jours. J’en ai même profité pour aller rouler à Monaco. La route entre Nice et Monaco longe la mer et est assez escarpé. Trois options s’offrent à nous : la basse corniche, la moyenne corniche et la haute corniche. Ici, je suis allé avec la basse corniche pour l’aller et la moyenne pour le retour. Monaco pourrait être sur une autre planète tellement il y a de la richesse dans ce petit état. En passant devant le casino de Monte-Carlo, j’ai vu plus de Ferrari, Lamborghini, Rolls-Royce et autres Bentley qu’il n’y en a sûrement au Canada. Le plus surprenant, c’est que c’est moi sur mon vélo qui faisait tourner le plus de tête. Le portier du casino me regardait avec immense sourire qui semblait dire: « puis-je garer votre vélo? Je vais faire déplacer la Ferrari pour vous faire un place ».

Casino de Monte-Carlo à Monace

Même si les oreillers m’ont causés certains problèmes en France, je n’ai pas eu trop de difficulté en en trouver sauf un soir. J’étais en Camargue et j’allais m’arrêter dans un petit village où il y avait deux hôtels : Salin-de-Giraud – population 2080 habitants. J’arrive au premier hôtel et à ma grande surprise il est complet. Qu’est-ce qu’il se passe? C’est la fin de la saison de la récolte du sel et le début de la chasse. Pas grave, il y a le deuxième hôtel. J’y arrive et il a l’air fermé, mais un couple en sort. Ils dorment à l’hôtel, mais le propriétaire est en vacances et personne n’est à la réception. Ils avaient réservé à l’avance et le proriétaire leur avait laissé le code de la porte et une clé pour leur chambre. On essaie d’appeler le propriétaire, mais sans succès. On m’a proposé de squatter dans le lobby de l’hôtel pour la nuit… J’ai décidé d’explorer une autre possibilité. Je suis allé au commissariat de police pour voir s’il y aurait un autre endroit où coucher. Là, les petits vites vont se dirent que j’ai couché en prison avec un oreiller en boudin hihihi. Ben non, le village est tellement petit qu’il n’y a même pas de prison! Gérard (c’est vraiment son nom), le gendarme voulait appeler chez quelqu’un qui loue des chambres à la semaine pour voir s’il n’aurait pas une chambre libre pour la nuit, mais ne trouvait pas son numéro. Une gendarme lui a suggéré de regarder dans un dossier – ils avaient fait une descente là quelques semaines plus tôt. Malheureusement, il était complet (fin de la saison de récolte du sel et début de la chasse).Dernière option: y a-t-il un endroit où je pourrais monter ma tente dans le village? Pourquoi pas, si j’allais dans le bois sacré et que je mettais derrière les arbres, il n’y aurait pas de problèmes et si quelqu’un venait m’embêter, je n’avais qu’à dire que j’avais l’autorisation des gendarmes. Le bois sacré n’est en fait qu’un petit parc où il y a des modules de jeux pour les enfants. J’y ai trouvé un super beau petit coin: un des modules avait été enlevé, mais il restait une base en caoutchouc deux fois grande comme ma tente et c’était derrière les arbres. Mettons que c’était assez confortable même avec mon petit oreiller de camping. J’ai dormi comme un bébé jusqu’à 5 heures du matin quand j’ai commencé à entendre des coups de feu – début de la saison de la chasse…

La verte Allemagne – km 5113

Même si j’ai beaucoup apprécié mes aventures en Pologne, j’étais bien content de rentrer en Allemagne. Je ne sais pas, mais j’ai eu l’impression que l’air y était plus pur. C’est probablement juste dans ma tête. Ou parce que j’ai été marqué par les premières choses que j’ai vu en arrivant près de Varsovie et de Berlin :

Centrale électrique au charbon près de Varsovie

Ferme de panneaux solaires près de Berlin

J’étais aussi heureux d’arriver en Allemagne pour comprendre ce qu’on me dit et plus facilement être compris.
J’ai traversé la frontière à Frankfurt an der Oder– aussi connu sous le nom de : l’autre Frankfurt (Oder ça veut pas dire autre, c’est le nom de la rivière). J’allais ensuite pédaler quelques 100 km pour me rendre jusqu’à Berlin et y passer quelques jours. Je suis arrivé sans problème chez Matthias, le warmshower qui allait m’héberger dans la capitale. Il se décrit lui-même comme un cycliste carnivore qui vit avec trois végétariennes : sa femme et ses deux filles, Rosa et Jasmina. Les deux petites m’ont gracieusement prêté leur chambre, même si je ne suis pas certain que Jasmina 3 ans, comprenait pourquoi j’étais là.J’allais donc être à Berlin pour quelques jours. J’aurais pu y passer des semaines tellement il y a des choses à voir et à faire dans cet immense chantier de construction. Même que quand j’ai demandé à Matthias combien de temps je pourrais rester chez lui il m’a répondu :
– aussi longtemps que tu veux
– vraiment
– ben oui
La conversation originale était en allemand, mais c’est ce que ça voulait dire.
Des fois, je délaisse le vélo pour visiter les villes dans lesquelles j’arrête. C’est moins rapide pour se déplacer, mais ça fait changement pour les jambes. En plus, Berlin dispose d’un super bon système de transport en commun. Je ne vous parlerai pas des endroits que j’ai visités, sauf de deux un peu plus tard, parce que ceux d’entre vous qui êtes déjà allés à Berlin les connaissent et pour que la découverte soit plus agréable pour les autres quand vous irez visiter la ville. Et y’a pas d’excuse pour ne pas y aller. C’est probablement la ville la moins cher d’Allemagne et il y a des choses à faire et à voir autant pour les petits que les grands. Je vais plutôt vous parler de « mon » quartier : Prenzlauer Berg. C’est un peu comme Rosemont juste à côté du plus populaire Plateau (Mitte ici). Alors mon quartier se trouve dans la partie est de la ville, à la frontière avec la partie ouest (du temps du mur). La densité de la construction est assez importante, mais on ne se sent pas étouffé par les édifices de quatre étages qui nous entourent. Ces édifices à appartement datent d’avant la deuxième guerre mondiale ont été rénovés dans les années soixante-dix pour apporter plus de confort aux camarades est Allemand – cuisines et toilettes à même les appartements. Mattias m’a montré un jour les plans d’un appartement où il comptait peut-être déménager pour rapprocher les enfants de la nature. Le plan aurait pu être celui de l’appartement qu’il habite présentement tellement il est similaire. Dans le contexte égalitaire du communisme allemand, tous les appartements de Berlin étaient conçus de la même manière. Autant ceux qui étaient rénovés que les nouvelles constructions. Il y avait des variantes à une chambre, deux chambres ou trois chambres à coucher et dépendamment de la taille de la famille on obtenait le nombre de chambres en conséquence. Moi, je restais dans un deux chambres à coucher au quatrième étage, j’ai des plafonds d’au moins 3,5 mètres et un balcon qui donne sur la rue. Ce que j’aime de mon quartier, c’est qu’on trouve de tout, à distance de marche. Il y a l’épicerie bio à deux coins de rue, des parcs un peu partout, quelques boutiques de vélo, le tram au coin de la rue et une station de S-bahn (train léger de surface) à 10 minutes. Pas besoin d’auto, de toute façon, il y a des voies cyclables partout. Belle leçon d’urbanisme qui est un mélange de planification du début du siècle, de planification communiste et adaptation naturelle. J’aime mon quartier.

Il y aussi un gymnase tout près. L’autre jour, Matthias m’a demandé :
As-tu de plans pour la soirée?
– Non, que j’ai répondu.
– Veux-tu aller faire du sport ?
– C’est bon pour la santé le sport alors pourquoi pas… de quel sport parle-t-on ici ?
– Tamburello !
– Tambure quoi ?
– Tamburello.

Alors je suis allé jouer au tamburello et pas avec n’importe qui. Mes partenaires de jeux étaient des membres de l’équipe qui a représenté l’Allemagne au dernier championnat du monde. Il y avait peut-être seulement quatre pays représentés, mais c’est un détail. Le tamburello est un peu comme le tennis sauf qu’on utilise une tambourine à la place de la raquette et il n’y a pas de filet. On a joué au soccer pour se réchauffer et ensuite les pros nous ont montrés comment faire. C’était plutôt agréable et ça fait changement du vélo. Dès que je rentre au Québec je lance une fédération de tamburello – qui se joint à moi ?

Les images ne sont pas super claires, mais allez quand même voir http://www.youtube.com/watch?v=P-QAtd5jpRU

Avant de quitter Berlin, il y avait deux choses que je voulais voir (à part le Mur, la porte de Brandeburg, Potsdamer Platz, Checkpoint Charlie, et le reste…) : Hamburger Bahnhof et Bundestag (parlement). Tout d’abord Hamburger Bahnhof, cette ancienne gare a été converti en musée d’art contemporain. Deux raisons pour y aller : l’édifice lui-même est de toute beauté et la conversion en musée est extrêmement bien réussie. Le grand hall où se trouvaient jadis les quais d’embarquement devient une immense salle d’exposition parfaite pour les sphères gonflables et vivantes qui y étaient exposées. Et ensuite pour les différentes œuvres qui sont exposées dont le large « Mao » d’Andy Warhol. Tout ne m’a pas plu, mais j’y ai quand même passé plus de trois heures. Quant au Bundestag, il représente l’ancien et le nouveau Berlin. Siège du gouvernement déjà avant la deuxième guerre mondiale, l’édifice retrouve sa vocation après la chute du mur et après avoir connu une rénovation/transformation qui y ajoute entre autre un immense dôme de verre d’où on peut voir la ville (à moins qu’il y ait de la brume et que le soleil soit déjà couché). Tout d’abord, il faut y aller juste pour passer à travers la procédure de réservation. Il faut aller sur internet au moins trois jours avant la visite pour réserver sa place et donner de l’information pour l’enquête de sécurité. Attendre de recevoir une confirmation de l’heure de la visite, qu’il ne faut surtout pas oublier d’apporter avec sois. Une fois sur place, on montre notre passeport et notre confirmation, l’agent contre vérifie le tout avec sa liste et nous dirige vers le détecteur de métal. Une fois la sécurité passée, on nous guide vers l’ascenseur qui nous monte jusqu’à la base du dôme. Là, on prend un audioguide et hop sur la rampe circulaire qui mène tout en haut. Eh bien, quand l’agent de sécurité qui m’accueillait a vu mon passeport allemand et m’a demandé d’où je venais pour que je lui réponde que j’ai vécu toute ma vie au Canada, il a fait comme si j’étais l’enfant qui revenait à la maison après un long voyage. Il m’a vraiment fait sentir le bienvenu. Ensuite, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai senti quelque chose de spécial dans cet édifice. Du dôme on voit la chambre où le gouvernement se réuni avec tous ses sièges bleus – je peux dire que j’étais un peu ému. Du point de vue architectural, l’édifice est assez bien réussi aussi.

Grand hall du Hamburger Bahnhof à Berlin

Bundestag - Berlin

Comme il faisait froid et que je n’avais aucun désir d’éventuellement rouler sous la neige, il me fallait dire au revoir à mon quartier de Berlin, Matthias, sa femme, Rosa et Jasmina.

J’ai pris le train pour traverser l’Allemagne et me rendre à Freiburg. Pourquoi Freiburg ? me direz-vous. Premièrement, traverser la frontière en train coûte vraiment cher et ensuite parce qu’à Freiburg il y a un autre quartier dont il faut que je vous parle. Freiburg im Breisgau (oui des Freiburg il y en a quelques-uns en Allemagne) est une charmante petite ville avec son secteur historique et sa cathédrale dans le Land de Bade-Wurtemberg près de la forêt noire. Toutefois, le quartier que je voulais voir c’est Vauban – un peu au nord du centre-ville. On retrouve environ 5000 personnes dans ce nouveau quartier qui fut érigé sur l’ancien site d’une base militaire française. Vauban était un général sous Napoléon. Le quartier a été conçu pour limiter les impacts environnementaux de ses habitants. Les édifices sont de densité moyenne (3 à 4 étages) et sont presque tous munis de panneaux solaires photovoltaïques. Il y en avait même un qui avait un tableau qui indiquait en temps réel la production d’électricité et le total pour l’année. C’était impressionnant de voir la production baisser au passage d’un nuage pour remonter tout de suite après. Les rues sont configurées pour limiter la présence de voitures. Elles sont presque toutes en forme de U avec des passages pour les vélos et les piétons sur les côtés et l’extrémité. Il y a une ligne de tram qui traverse le quartier pour se rendre au centre-ville. Résultat, 75% des ménages n’ont pas de voiture. C’est frappant quand on entre dans le quartier et qu’on n’entend rien si ce n’est du chant des oiseaux. Ensuite, il y a de la verdure partout, soit sous la forme de terrains privés ou partagés. On retrouve un potager sur la majorité d’entre eux. Comme les panneaux solaires ne peuvent combler tous les besoins en énergie, il une centrale fonctionnant à la biomasse qui fournit chaleur et électricité pour tous le quartier. J’aurais bien aimé mettre mon nom sur la liste d’attente pour un appartement. Le plus intéressant, c’est que maintenant on adopte les pratiques de Vauban dans le reste de Freiburg. Il y avait une petite centrale hydroélectrique au fil de l’eau juste derrière l’auberge de jeunesse où je logeais – en plein centre-ville!

Belle petite maison jaune et rouge - quartier Vauban, Freiburg

Bon, il faut remonter sur le vélo, les cousins Français sont impatients de me voir…

Comment ménager le porc et le chou ? – km 4943

Ou est-ce plutôt comment ménager la chèvre et le chou ? C’est que des chèvres je n’en ai pas vu beaucoup en Pologne, mais du porc, j’en ai mangé et du chou aussi.

Le meilleur et le pire en Pologne, ce pays qui m’a donné tant de surprises. Un autre pays pour lequel, à prime abord, j’avais certaines craintes. On m’avait dit tout au long de ma route, alors que je parlais de mes destinations futures, « fais attention en Pologne, c’est dangereux! » Eh bien, si on fait attention, comme partout, c’est pas plus dangereux. Par contre, tout n’est pas rose non plus. Alors aujourd’hui, je vous présente le meilleur et le pire du deuxième plus grand pays de l’Union Européenne.

Alors, commençons par le meilleur, parce qu’il y en a beaucoup plus que de pire. Tout d’abord les gens et leur accueil. Je suis arrivé en Pologne de Lituanie en passant par des petits villages de campagne. Bien sûr, personne n’y parlait anglais (encore moins français), mais on essayait quand même de m’indiquer le chemin vers le prochain hôtel du mieux qu’on pouvait. Et rendu là, c’était la même chose – on allait tout faire pour que mon vélo soit en sécurité pendant la nuit. Alors mon vélo a couché dans un garage, dans un enclos, dans ma chambre, dans la cage d’escalier et dans une salle de réception. Des fois, on dirait qu’il avait plus d’attention que moi. Et avec les gens vient la nourriture. En Pologne, ces deux éléments sont indissociables et chose très appréciée par un cycliste qui a besoin de 3000 à 4000 kcals par jour c’est qu’on n’a pas à faire un choix entre quantité et qualité.

Mon deuxième soir en Pologne, j’étais dans un petit hôtel au milieu de nulle part et quand je dis nulle part, il n’y avait pas d’autres habitations visibles dans toutes les directions. C’est là que mon vélo a eu droit à la salle de réception. Le propriétaire / barman / serveur / homme à tout faire ne parlait pas vraiment anglais et le menu était seulement en Polonais. Je ne suis même plus sûr qu’il y avait un menu, juste un tableau. Comment se comprendre ? Tout d’abord, il y avait la soupe, pour ça, on a eu recours à internet et la fonction de traduction de google. Il fallait seulement pour moi éviter la soupe aux tripes. Maintenant pour le plat principal, j’avais le choix entre du porc, du porc ou du porc accompagné de pommes de terre (bouillies, pillées ou rôties). Il ne restait qu’à choisir la partie de porc. Rien de mieux que d’indiquer sur son propre corps. Le propriétaire / barman / serveur / homme à tout faire s’est pris la cuisse, les mollets, le cou, et la fesse. J’ai choisi le cou. Ah aussi, je voulais des légumes donc on s’est entendu pour une salade. Quand mon plat est arrivé, j’ai compris que salade voulait dire salade de choux en Pologne. Et surprise, j’en avais trois sortes : crémeuse, vinaigrée et combo choux-betteraves. Je me suis régalé…

J’ai reçu le même genre d’accueil chez Dan, un Warmshowers à Cracovie. Dan est un Américain du New Jersey dont les parents sont Polonais. Il fait sa maîtrise en Pologne. C’est beaucoup moins cher qu’aux États et peut-être plus appropriées pour des études en politiques est-européenne. Il avait quelques plats traditionnels polonais cuisinés par sa tante (qui habite en Pologne) dans le frigo. Un autre festin. Qu’est-ce que j’ai mangé ? Du porc dans du chou, ça avait l’air de la choucroute, mais ça ne goûtait pas du tout la même chose. Chez Dan, j’ai aussi découvert le « luxe » de l’ère communiste. Il habitait dans un appartement d’époque, donc pas rénové. Le concept est simple : deux grandes pièces, une servait de chambre pour toute la famille et l’autre de salon / salle de séjour. Ensuite il y avait la salle de bain (sans toilette, qui se trouve dans le couloir, à l’extérieur de l’appartement), mais avec un petit bain et un lavabo. Et c’est tout. Les petits vites vont avoir remarqué qu’il n’y a pas de cuisine. Illogique en Pologne pays de la nourriture? Pas vraiment, chaque édifice avait une cuisine communautaire où les femmes faisaient la popote ensemble – communisme oblige. Tous les appartements ont maintenant une « cuisine » à l’intérieur, mais celle-ci peut prendre différentes formes. Chez Dan, les armoires, le frigo et le micro-onde sont dans le portique et la cuisinière dans la salle de bain. C’est logique, c’est là qu’on retrouve le chauffe-eau et l’entrée de gaz. La toilette est toujours dans le couloir. Dan dors dans la chambre à coucher et Matt dans le salon. Ça fait qu’il faut passer par la chambre de Matt pour aller dans celle de Dan.

Une amie Polonaise m’avait dit de ne pas aller à Varsovie, car ça ne valait pas la peine. De ne pas manquer Cracovie et si possible d’aller à Wroclaw. C’était pas du tout mon plan original qui était d’aller à Varsovie et à Poznan, mais même les fous changent d’idée on dirait. Elle m’a bien vendu Wroclaw : « tu pourras aller rester chez mon frère » Et pourquoi pas ? Tout d’abord, Wroclaw a été une belle découverte. Cette partie de la Pologne a longtemps appartenu à l’Allemagne et dans le centre historique, on retrouve une des plus grande place d’Europe. Ensuite, la femme de Wojtek fait de l’excellente nourriture. J’imagine qu’on lui a dit qu’un cycliste mange beaucoup parce qu’il y avait tout le temps quelque chose à manger devant moi. Ça ne faisait pas 5 minutes que j’étais entré dans la maison le premier soir que j’étais assis devant un bol de soupe, suivi de pâtes et d’un dessert. Plus tard dans la soirée, en prenant une bière avec Wojtek, elle nous a apporté des noix et des viandes froides. Un peu plus tard il y a eu d’autres desserts. Le lendemain, je suis allé faire le touriste et suis revenu à la maison à 16:30. À 16:38, je mangeais des perogies. Je pensais que c’était le souper et qu’on mangeait tôt – erreur, le souper allait venir vers 19:00. Je pense que j’ai digéré pendant deux jours.

Wroclaw - Pologne

Maintenant, le pire de la Pologne : tout d’abord, il y a les chauffeurs. Que ce soit en auto, en moto ou en camion, ils se prennent tous pour des pilotes de formule 1 et conduisent vraiment comme si la route leur appartenait. Mettons qu’on laisse pas beaucoup de place au petit cycliste que je suis. Autant ceux que vont dans le même sens que moi et qui viennent me frôler que ceux qui roulent en sens inverse et qui dépassent en prenant toute la voie, même si le suis là. À quelques occasions j’ai même dû me tasser complètement de la route pour ne pas me faire frapper. Heureusement, j’ai trouvé une solution pour apaiser un peu le stress : une lumière rouge clignotante à l’arrière que je mets le plus à gauche possible sur mon vélo. Les chauffeurs pensent que la lumière est au centre du vélo et me laisse plus de place. C’est réglé pour ceux qui roulent dans le même sens que moi. Pour ceux en sens inverse, un phare blanc à l’avant, mais sans le faire clignoter (ça ferait trop vélo). Je pourrais être une moto ou une auto avec seulement un phare qui fonctionne (de ça il y en a beaucoup en Pologne) et magie, on ne dépasse plus devant moi. Toutefois, il y un autre élément négatif, un peu lié au premier, que je n’ai pas pu corriger : les routes sont en conditions exécrables. Généralement, il n’y a pas d’accotement, plein de trous sur la bordure ou des ornières qui font plus de 20 cm de profondeurs et qui ont créé un bourrelet aussi haut. J’avais l’impression de rouler sur un vélodrome tellement il y avait de pente sur le côté, C’est vrai qu’à l’occasion quelqu’un a fait l’effort de réparer. On bouche les trous. Une bonne pelletée d’asphalte et on roule une ou deux fois dessus avec un camion. Avec le nombre de trous et de réparations, c’est plus bosselé qu’une route de terre. Pour les ornières, on râpe la bosse. Ça laisse une belle texture, genre planche à laver – très agréable.

Le pire toutefois, on le retrouve dans un autre moyen de transport : le train. Vous allez vous demander pourquoi je parle de train alors que je suis à vélo ? Bien, j’étais un peu fatigué de rouler sur les mauvaises routes, il commençait à faire plutôt froid, donc j’ai pris le train entre Cracovie et Wroclaw et entre Wroclaw et la frontière avec l’Allemagne. Premièrement, les voies ferrées sont en aussi bonne condition que les routes.  Ça brasse pas à peu près. En plus, ça oblige les trains à ralentir. Même les trains « express » ne peuvent rouler à plus de 30 km/h sur certaines sections. Ça rend le voyage un peu plus long. Ensuite, on n’a pas toujours le même niveau de confort dans les trains. Il y a trois types de train : les inters cités express qui arrêtent seulement dans les plus grandes villes, sont des équipements plus modernes et vont généralement les plus vite. Ensuite, il y a les inters cités qui arrêtent dans un peu plus de stations et donc roulent en moyenne un peu moins vite. Enfin, il y a les trains régionaux. Même les Polonais vous diront qu’on ne trouve rien de pire nulle part. Ces trains arrêtent dans toutes les gares, les wagons sont vieux et comme les billets coûtent presque rien, c’est surtout utilisé par la classe ouvrière. Là je ne veux pas faire de démagogie, ce sont des Polonais qui me l’on expliqué. La classe ouvrière n’est pas pire que la classe moyenne, sauf qu’ils fument un peu plus que les Polonais moyens qui fument déjà beaucoup et dans quelques boivent un peu plus. Je ne généralise pas je vais donner des exemples. Mais avant, quelques mises au point. Il est interdit de fumer dans tous les lieux publics en Pologne, y compris les trains. Toutefois, il y a peu de contrôle dans les trains régionaux et surtout dans le wagon à bagage / vélo / poussette / chaise roulante (la moitié arrière du wagon et pour les bagages et la moitié avant à des bancs comme un wagon normal). Comme j’ai un vélo et que je ne veux pas le laisser tout seul, je voyage dans le compartiment à bagages avec les Polonais qui s’en servent comme d’un fumoir. Dans le premier train régional que j’ai pris, on était trois à avoir un vélo. Dont moi (bien sûr) et un nageur d’une équipe provinciale qui s’entraîne à 100 km de chez lui – il était un des seul à parler anglais dans le compartiment et m’a expliqué certaines choses. Ensuite, il y avait quelques fumeurs et un jeune homme dans la vingtaine avec sa soeur sur le point d’accoucher. C’était un jeudi, en fin d’après-midi juste avant un vendredi férié. Plusieurs personnes se prenaient une petite bière, mais lui a bu tout seul une petite bouteille de vin d’un litre. Il fumait bien sûr et a décidé à un moment de chanter en anglais – pour que je comprenne. Mettons que du Scorpion chanté par un Polonais saoul qui ne parle pas un mot d’anglais et qui pense qu’il connaît les paroles c’est douloureux. Heureusement, il ne faisait que les deux tiers du trajet. Puis quand je dis heureusement, c’est autant pour moi que pour lui. Pas beaucoup de banc dans le compartiment à bagages et dans train qui brasse à cause de la voie ferrée bosselée et que l’équilibre est affecté par l’alcool ça donne quelques contacts visage – sol. Il s’est pété la gueule solide.

Froid matin à Cracovie

Je pensais avoir tout vu jusqu’à ce que je prenne mon deuxième train régional un peu plus tard en soirée. J’étais maintenant le seul vélo dans le compartiment à bagages et tous les autres occupants (une douzaine) étaient des fumeurs. Pouah, pas facile de respirer. C’est pas le pire. Au fur et à mesure que le train avançait de station en station, les gens devenaient de plus en plus nerveux et regardaient de plus en plus dans l’allée de la section avec des bancs. À un moment donné, quelqu’un dit quelque chose et dès que le train arrête en gare, presque tout le monde descend du compartiment. Le contrôleur s’en vient et de toute évidence ils n’ont pas de billet. En fait, je suis le seul dans le compartiment à bagages à avoir un billet valide. Trois autres passagers sont restés dans le compartiment pour affronter le contrôleur. À son arrivée, ils ont négocié avec lui (j’imagine, c’était en polonais) et ont quittés le train à la gare suivante. Par la suite, j’étais tout seul dans mon compartiment, pas de fumée et pas de wannabe chanteur de Scorpion.

Je descends dans le sud sur le plat – km 4449

Dernière étape dans les pays nordiques – Helsinki. Malheureusement, la température n’a pas mis la ville en valeur et mon séjour là a été un peu décevant. Il pleuvait, il ventait et on ne voyait pas très bien. En plus, il faisait froid. J’ai donc encore une fois sauter sur un traversier (ou était-ce encore un casino flottant?) pour traverser le golfe de Finlande pour me rendre à Tallinn. J’avais beaucoup d’appréhensions avant d’aller dans les états baltes. Ces ex-républiques soviétiques, indépendantes depuis 1991, sont des nids de mafia russe où la population est si pauvre qu’elle n’a plus aucun respect pour la propriété d’autrui. La question n’est pas si, mais quand j’allais me faire voler tout ce que je possède. C’est ça qu’ils disaient avant que j’arrive et « ILS » ont toujours raison – biensûr !!

C’est beau en Eesti – là je vous entends dire : « bon il devient grivois et tombe dans la facilité. » Pas du tout ! Eesti, c’est Estonie en estonien. Sérieusement, Tallinn est un petit joyau de ville médiévale superbement bien conservé malgré toutes les guerres et l’occupation successive des Russes, des Allemands et des Soviets. Ça fait un peu disneyland, il y a des restaurants thématiques médiéval dont le plus important où tous les employés sont habillés d’époque, la bouffe est d’époque et les méthodes de préparation de la nourriture sont aussi d’époque, il n’y a même pas d’électricité dans la salle à manger – on s’éclaire aux chandelles. Et bien, je n’y suis pas allé. Ça fait drôle à dire, mais j’avais pas le goût de jouer au touriste. Je suis plutôt allée voir un match de soccer Allemagne – Belgique dans un pub de sport tenu par un Australien. En fait, j’ai découvert en arrivant au pub qu’il y aurait un match. Pour faire honneur à mon beau passeport bourgogne, je ne pouvais pas rater ça. Je me commande des ailes de poulet et une bière A. LeCoq (100% estonienne – malgré le nom) et je m’installe devant un des multiples écrans de télé. Et là j’entame une conversation avec mon voisin, Lukas, un Américain, à demi Allemand qui est économiste au FMI et qui est en mission à Tallinn pour faire l’évaluation de la situation économique et des perspectives de l’Estonie. On a parlé de soccer, de vélo (un autre qui se sert de son vélo tous les jours pour aller travailler), d’économie mondiale (particulièrement dans les pays baltes), de développement durable, des contraintes imposées par le FMI et la Banque Mondiale aux pays qui bénéficient de le fonds, mais pas une seconde de DSK. Je ne m’attendais pas à ça un petit mardi soir en Estonie. Soirée assez intéressante, j’ai maintenant un ami au FMI à Washington et je pense qu’il est parti du pub sans payer… je pensais pourtant qu’ils avaient des comptes de dépense au FMI ?

Après trois jours à vivre dans un grenier du 16ième siècle, c’est le temps de partir. Souvenez-vous, il fait froid et le sud m’attend. La route entre Tallinn et Riga (en Lettonie) et droite te plate. Je crois qu’il y a au maximum 3 mètres de différence de hauteur entre les deux villes sur 300 km. Si ce n’était de la courbe de la terre, on pourrait voir Riga de Tallinn par une journée claire. Et bien, j’ai quand même eu quelques défis. Le premier, trouver un endroit ouvert où coucher. Le premier soir, encore en Estonie, j’ai du faire près de 100 km et rebrousser chemin sur 5 km avant de trouver quelque chose. Au moins j’avais un bon vent de dos (sauf pour le 5 km dans l’autre sens). Et j’ai trouvé un petit B&B où les propriétaires, à la retraite avaient des ruches et faisaient leur propre miel. Belle petite récompense dans le thé le matin ! Ah, j’oubliais, même sur une route plate, sur 100 km on peut avoir des surprises – comme un Grand Duc d’Europe qui s’envole à environ 3 mètres de moi. J’ai pas souvent vu un oiseau si majestueux. Pas eu le temps de le prendre en photo, mais je l’ai gravé dans ma mémoire.

Une autre journée de 100 km sur la route plate. Pour être sûr de pas devoir chercher une place pour la nuit sur 50 km, j’arrête à l’information touristique dans une petite ville après 30 km sur la route. La gentille madame me dit que même si la plupart des hôtels et B&B sont fermés pour la saison (l’été est fini, qu’elle me dit), il y en a certainement quelques-uns d’ouvert avant la frontière (70 km plus loin) – j’espère. Au pire, il y a une auberge de jeunesse sur le côté estonien de la frontière. Ben elle se trompait la madame. Après 40 km, je croise la première recommandation – fermé. Il devrait y avoir la deuxième suggestion dans 10 autres km – fermé aussi. Deux villages plus loin – niet rien. Il est 16h et je me dis qu’il y a l’auberge de jeunesse dans 15 km sur la frontière. Devinez quoi? Fermé. Il y a un espèce de restaurant/dépanneur sur la frontière où je vais m’informer. Le gentille madame du dépanneur me suggère les mêmes places que la madame de l’information touristique. Je lui demande et de l’autre côté de la frontière ? Elle ne sait pas, elle n’est jamais allée de l’autre côté de la frontière. On fait quoi maintenant. Je songe sérieusement demander si je peux coucher là, c’est ouvert 24h. Il reste peut-être 45 minutes de clarté, je vais aller explorer de l’autre côté de la frontière… À la frontière il y avait un policier qui faisait des contrôles de sécurité. Il n’a même pas eu le temps d’essayer de m’arrêter, je l’ai pris de vitesse! Bonjour, est-ce que vous savez s’il y a hôtel ou quelque chose près d’ici ? Oui oui, il y a un hôtel à environ 700 mètres qui devrait être ouvert, sinon il y en a un qui est ouvert dans 10 km. Merci monsieur le douanier (ou policier). Je vais essayer le 700 mètre – merci. Ben je l’ai pas trouvé sur la route qu’il m’a donnée et je me suis dit que quelque chose clochait quand j’ai vu une pancarte qui disait Bienvenu en Estonie (j’ai traduit). On fait demi-tour et enfin je le trouve. Ça aurait été plus facile si l’enseigne avait été allumée… Fermé ! non, il y a un papier dans la porte. Il faut juste appeler au numéro de téléphone… Ça été long et en passant par l’épicerie pour se servir d’un téléphone, la propriétaire vient m’ouvrir l’hôtel. FIEW. Et un restaurant que je lui demande ? Le bar de l’autre côté de la rue sert de la bouffe. Tout est bien qui finit bien… sauf que la cuisine ferme à 18h au bar de l’autre côté de la rue et qu’il est maintenant 19h. Ça doit être fait pour des journées comme ça les sardines d’urgence dans mon sac…

Les deux prochains jours sur la route se passe bien. Je longe la côte de la mer Baltique et c’est beau aussi en Lettonie. Il vente un peu par contre. Je me fais même dépasser par un gars en kitesurf, moi sur la route, lui sur l’eau, il va pas mal plus vite que moi. Je me demande, est-ce que ça marcherait sur un vélo une voile de kitesurf ? Je réussi à trouver une chambre sans problème dans une auberge du petit village de Saulkrasti. Il parait que c’est noir de monde ici l’été et ça devient plus calme à l’automne. Au moins, y’a quelqu’un qui a compris que si tout est fermé sur la côte SAUF à Saulkrasti, les touristes qui cherche quelque chose iront à Saulkrasti – peut-être ? Et à l’auberge, quand j’ai demandé jusqu’à quelle heure le restaurant était ouvert. On m’a répondu : jusqu’à quelle heure je voulais que le restaurant reste ouvert ? Enfin on travaille pour moi… lendemain matin, avant de quitter pour me rendre à Riga, je vais visiter le musée du vélo de Saulkrasti. Quand j’arrive, c’est fermé, mais on ouvre juste pour moi – je suis le premier visiteur de la semaine. Le musée est magnifique, c’est la collection privée d’un passionné de vélo qui au fil des ans a amassé tout ce qu’il pouvait trouver en terme de vélo d’avant la deuxième guerre mondiale, de pièces (certaines encore dans l’emballage d’origine), de clochettes et plein d’autres choses. Il a même reproduit un atelier de réparation et une boutique dans son musée. Si vous passez jour par Saulkrasti, allez voir son musée du vélo – ça vaut vraiment la peine.

Musée du vélo de Saulkrasti

Après ma visite, direction Riga où je n’ai même pas vraiment à chercher un endroit pour coucher. Je vais dans une auberge de jeunesse et j’ai fait des recherches et il y en a pleins d’ouvertes dans la vieille ville. Par contre, il faut que je m’y rende à Riga… Sur la route, le vent ne coopère pas, mais c’est pas mon plus grand souci. Étrangement, il y a beaucoup de voiture de police sur la route et elles vont dans les deux sens. À l’occasion j’en vois une qui part après un chauffard qui ne semble pas ralenti par le vent. Et j’entends une voix qui sort du haut-parleur d’une voiture de police derrière moi. Je vais traduire pour vous, parce que c’était en lettonien : « Aye le mec, tasse-toi si tu veux rester en vie parce que le camion que j’escorte dépasse un peu de ton côté » Je regarde derrière moi, et même si j’ai pas bien compris ce qu’il disait, j’ai compris qu’il fallait que je me pousse. Les policiers escortaient un camion qui transportait une machine quelconque et prenait toute la route (les deux côtés et un peu plus).

Riga, autre joyau méconnu – avec encore une superbe vieille ville. Ici la vieille ville a été complètement reconstruite après la guerre pour devenir la plus grande concentration d’édifice d’architecture baroque en Europe. C’est beau, mais y’a autre chose à voir à part la vieille ville. Il y a un concept, la visite de la ville avec une guide à la valise jaune. On vous amène hors des circuits touristiques et on donne ce qu’on veut à la fin. Donc on commence dans la vieille ville, pour se diriger vers le marché public : 5 anciens hangars de Zeppelin convertis. On y trouve de tout et dans la section des poissons et fruits de mer, la fraîcheur règne. Certains poissons sur la glace respirent encore et les anguilles grouillent dans leur bac. Ensuite, direction du marché de nuit – ouvert 24 heures, si on a besoin de patates à 4 heures du matin… on sait jamais…. Et par la suite, le marché noir (c’est son nom), ici on trouve – en cherchant un peu à peu près n’importe quelle scrape et des nouveautés comme le Ipab 3 et un Iphon 5. La guide nous dit qu’ici c’est mieux de pas prendre de photos, les gens du marché n’aiment pas ça. On se rend ensuite dans quelques autres quartiers de la ville pour découvrir la seule église de bois de Riga qui a dû brûler et être reconstruite une dizaine de fois. Pour le reste de la visite, il faudra le découvrir par vous-même. Vous n’avez qu’à vous pointer à midi devant l’église St-Pierre et cherchez la valise jaune… (freetour.traveller.ee)

La route vers Vilnius change un peu, enfin des côtes et des courbes pour faire changement. J’ai environ 300 km pour rejoindre la capitale de la Lituanie. Y’a un petit pattern qui se développe ici si vous remarquez – 300 entre chaque capitale (et je parle même pas de Varsovie encore…). Y’a un peu de vent sur la route et les côtes, bizarrement, me font vraiment du bien. Par contre mon plus grand défi arrive. Jusqu’à maintenant, aucun problème avec la mafia. En fait les gens sont super accueillant et gentils et je ne me sens jamais en danger – tout le contraire de ce qu’on m’avait dit. Maintenant, je dois passer par Panevezys – la Chicago de Lituanie. Chicago, comme dans le temps d’Al Copone, ça tire dans les rues pis tout pis tout. À part le fait que j’ai vu là plus d’audi A8 que nul part ailleurs, pas de problèmes. Et le plus drôle, je vais au bureau de tourisme (j’en ai fait beaucoup depuis le début de mon voyage) et la madame m’aide à trouver un endroit où passer la nuit – le centre de la culture et des sports, c’est là que les athlètes des équipes nationales en visite logent, pour la modique somme de 8$ la nuit, et me fournit un paquet de cartes routières. Je lui dis que je vais à Vilnius et elle me dit « Vilnius is bad »… pis moi qui avait peur d’aller à Panevezys. Belle petite ville universitaire avec un parc en plein centre et un amphithéâtre de basketball à faire saliver les fans des Nordiques. La ville respire le basketball, du basket dans tous les bars et tous les restaurants tout le temps, pis si il faut, on met des reprises. Ça me faisait penser à Alexis et JP et nos games du mardi midi à McGill…

Il reste quelques dizaines de kilomètres avant de rejoindre Vilnius. Ici, la chance encore, je vais coucher chez Viktoras – un gentil membre de Warmshower, qui vit avec 5 amiEs dans une vieille maison de bois toute déglinguée DU quartier de Vilnius. Ses voisins, des ambassades et d’autres maisons de bois encore plus déglinguées. Il reste encore un peu de travail d’urbanisme et de rénovation à faire. Je suis accueilli par une douche, un plat de pâtes et on va boire quelques bières avec un de ses colocs. Pour accompagner la bière il ne faut surtout pas oublier le pain frit au fromage. C’est quoi ça ? C’est du pain coupé en bâtonnets, frit dans l’huile et sur lequel on met du fromage râpé qui fond sur le pain chaud. C’est un peu comme de la poutine, sans la sauce, mais avec le cholestérol !!

Vilnius, la plus grande capitale des trois, et je crois la moins intéressante (à mon goût). Ici, je passe une journée à visiter en touriste. Y’a une cathédrale, plein d’autres églises, des rues en pavée, un château, une colline avec trois croix et une très belle université avec plein de coures intérieures. Aussi, le clou de Vilnius, la Res Publika d’Uzupio. Un quartier d’artiste qui a sa propre constitution, ses propres règles et son propre charme. J’ai l’air blasé comme ça, mais ça vaut la peine d’être vu. Pourtant, j’ai été plus impressionné le lendemain quand je suis allé à Trakai où on trouve le seul château construit sur une île de toute l’Europe de l’est. Et le château est impressionnant surtout qu’il a complètement été reconstruit entre 1962 et 1992. Un travail titanesque. Après cette courte pause, il me faut retourner sur la route, je dois encore rejoindre la Pologne et éventuellement me rendre dans le sud.

Château de Trakai - Lituanie

Et j’espère qu’il n’y aura pas autant de chien sur ma route. Et c’est comme ça depuis que je suis arrivé en Lituanie. Au début ça surprend, wouf wouf wouf, et le chien qui veut arracher sa chaîne. Pas de problème, il est attaché. Et puis le suivant, qui lui n’est pas attaché part et longe la clôture – j’espère que la porte est fermée… Fiew, elle l’est. Et le suivant un peu plus petit qui jappe un peu plus et le gros qui jappe plus fort et le vieux qui ne bouge même pas et là y’a celui qui n’est pas attaché et qui n’a pas de clôture. Lui, il fait accélérer le pédalage. J’ai pas le goût de me faire mordre le mollet. C’est un petit, je vais plus vite que lui, ou c’est un petit qui ralentit ses ardeurs lorsqu’il m’approche ou oups ils sont deux, assez gros et ils vont pas mal plus vite que moi. On roule encore, maintenant en plein milieu de la route, en espérant qu’il n’y ait pas de voiture ou de camion extra-large et on leur parle. Non non non, vas jouer ailleurs. Je pense qu’il fallait seulement dépasser les limites du terrain. Fiew – pour l’instant, j’en ai eu pour 200 km de chiens…

Finalement, mes craintes n’avaient aucunes raison d’etre. J’ai découvert trois merveilleux pays, j’ai été super bien accueilli et je recommande à tous les aventuriers d’aller les découvrir.

Alors que j’écris ces lignes, je suis déjà rendu à Varsovie en Pologne, mais je pense que c’est assez d’aventures pour une soirée… la suite prochainement.

Au Sunoco, on tourne à droite – km 3266

Ça y est, je suis arrivé au point le plus nordique de mon aventure. En fait, je ne suis jamais allé plus au nord de ma vie. Tampere en Finlande se trouve à une latitude de 61°30′. C’est environ 2° plus au nord que Kuujjuaq, mais grâce au gulf stream (ou un autre), la température y est quand même assez clémente et la végétation ressemble beaucoup à la forêt boréale. Ceci étant dit, il commence à faire assez froid et les nuits frôlent le point de congélation. Je tourne à droite et me dirige maintenant vers le sud avec comme objectif d’arriver au Maroc dans trois mois.

En partant d’Uppsala, j’ai roulé vers l’est et pris un traversier vers la Finlande. Pour faciliter la transition entre la Suède et la Finlande, un groupe d’irréductibles Suédo-Finlandais (c’est comme des Gaulois) occupent l’archipel d’Åland qui appartient à la Finlande, mais qui jouit d’une autonomie particulière. 30 000 Ålandais sont répartis sur un archipel de 6000 îles environ. Seulement une poignée est habitée. Pour des raisons historiques assez complexes, les Ålandais peuvent gérer eux-même la majorité des institutions politiques de l’île avec peu d’intervention d’Helsinki. La Finlande est officiellement bilingue. Le finlandais et le suédois sont les deux langues officielles. Åland par contre n’a qu’une langue officielle et c’est le suédois. l’éducation et tous les services gouvernementaux sont offerts en suédois uniquement. Les élections s’en viennent et un des partis favoris prône l’annexion de l’archipel avec la Suède. À suivre…

En Finlande, peu de péripéties. J’ai débarqué à Turku, ville de taille moyenne de la côte ouest qui n’est pas reconnue pour son architecture – la ville a souvent été rasée par les flammes – à moins d’aimer les boîtes carrées des années soixante, mais l’exportation de joueurs de hockey dont un certain Saku Koivu. Ah oui, il y a aussi un château dont la construction a débuté au 13e siècle. Le château a subi plusieurs modifications et agrandissements au fil du temps et c’est rendu un vrai labyrinthe. 160 km plus au nord, j’ai rejoint Tampere, aussi connu comme la Manchester de Finlande. C’est le berceau de l’industrialisation du pays et cette époque est encore bien présente dans l’architecture. Pourquoi une ville industrielle au 19e siècle voit-elle le jour si au nord? Parce que la ville est situé entre deux lacs reliés par des rapides d’une hauteur de 18 mètres. Avec ça, on peut faire beaucoup d’énergie et les Finlandais l’on compris assez vite. La majorité des usines ont été converties en condos et en bureaux, mais certaines sont encore actives. On peut donc voir d’un côté de la rivière deux pêcheurs sortir un saumon de plus de 2 kilos et de l’autre une usine qui rejette de la vapeur dans l’eau. Et tout ça, en plein centre-ville.

Y’a beaucoup moins de Volvo ici qu’en Suède, mais j’en ai croisé une à Lempäälä (20 km au sud de Tampere) que j’avais déjà vu avant. Les parents d’Ellen, la blonde de François, ont un chalet sur le bord d’un lac à 8 km de Lempäälä. Par hasard, Ellen et François passait la fin de semaine au chalet et m’ont invité à y passer une journée. Voici les indications pour me rendre au chalet que François m’avait envoyé : « Voici l’adresse pour nous rejoindre : Inniläntie 360, Lempäälä, Finlande. Le chemin autour du lac est en gravel, puis soudain il devient en terre battue et fait des courbes assez prononcées et finalement c’est un chemin d’herbe. Alors là tu te dis : « ben voyons donc ça se peut pas que ce soit icitte, chu perdu dans la forêt finlandaise moi-là. Ost&$? de cal€#* de tabar%#£•¥ d’indications à marde ». Cette réflexion indiquera que tu es sur la bonne voie. Bon, Juste après les drôles de courbes, juste avant le chemin d’herbe et juste après avoir l’impression d’être sur un terrain privé, tu passes une forêt sur quelques centaines de mètres et tu arrive à une intersection. À ce moment précis tu tournes ton tit bicycle à droite et tu descends vers le lac et là : talalalam tu aperçois la volvo bleu de tes rêves (celle qui roule sans avoir à payer l’essence) et nous on sirotte des bières en préparant le sauna🙂. Si t’as des problèmes ben dis-toi que tes pas perdu que tu fais juste visiter un endroit où t’es jamais allé. Pis dans le pire pire pire des cas le cell (suédois) à Ellen est le… » Je devais arriver vers 15h, mais j’ai eu un vent de face à 25 km/h tout le long de la route et l’adresse était en réalité 320 Inniläntie donc, Ellen et François étaient venus à ma rencontre (ou allaient à l’épicerie – au choix). j’aperçois donc la Volvo bleu des Nilsson.

Arrivé au chalet, le sauna n’était pas prêt alors François m’a montré comment le préparer. On a mis du bois dans le poêle de sauna, on a allumé le tout et deux heures plus tard la température devrait être autour de 90°C – parfait pour le sauna. Bien, après deux heures, la température atteignait à peine 40°C. Là Ellen, nous à expliqué qu’il fallait utiliser de bouleau parce que le bouleau ça chauffe plus vite. De toute façon, dans un vrai sauna finlandais, on utilise seulement du bouleau. François pense toujours que c’est parce qu’il pleuvait et qu’il faisait moins de 10°C dehors que ça prenait du temps et que le bouleau c’est comme n’importe quel bois. Je ne sais pas qui avait raison? Je sais seulement que quelques heures plus tard, François et moi étions dans le sauna à 100°C et qu’on était bien. Ellen n’était pas avec nous, car dans un vrai sauna finlandais, on ne mélange pas les hommes et les femmes. Ellen allait avoir son tour plus tard… Ah oui, dans une vraie séance de sauna finlandais, on doit aller se jeter dans le lac (5°C environ) quand on commence à avoir trop chaud. Petit choc thermique!! Et on recommence le cycle encore une fois: sauna – lac et sauna, pour finir en se rinçant avec une chaudière d’eau chaude. Et après, on relaxe avec une bière et on parle d’affaire de gars (d’où la séparation des hommes et des femmes). Ne surtout pas oublier de mettre un peu de bois dans le poêle avant de partir pour les prochains qui vont utiliser le sauna – Ellen en l’occurrence.

On passe donc le relais à Ellen qui nous revient environ 45 minutes plus tard. François et moi avions préparé le souper. Ellen en profite donc pour nous expliquer le concept de plaisir dans le sauna. Tout d’abord, 115°C, ça ne cadre pas avec plaisir – OUPS – ensuite, à 115°C, si on met de l’eau sur les pierres, ça ne permet pas de se rapprocher du concept de plaisir. C’est pas de notre faute, on n’est pas des experts en sauna, on voulait juste bien faire. On s’est dit, il faut mettre une bûche pour la prochaine utilisatrice, comme ça avait été long à chauffer et qu’on voulait être certain que la température ne baisse pas trop, j’ai suggéré à François de mettre autant de bûches qu’il pouvait dans le poêle. Je pense qu’il en a mis quatre ou cinq. On n’aurait peut-être pas dû mettre du bouleau…

Petit bilan après trois mois sur la route:

Côté mécanique et équipement – le vélo tient le coup. J’ai du remplacer les patins de frein après 2800 km parce qu’il ne restait plus rien. Sinon, tout va bien, même pas eu de crevaison encore. Les sacoches sont toutefois moins imperméables que quand je les ai achetées … en 1989. Je mets maintenant tous mes vêtements dans des sacs de plastic avant de les mettre dans les sacoches.

Côté mécanique humaine – la machine a un peu plus souffert. J’ai eu des problèmes de genoux que j’ai contrôlés grâce à 400mg d’ibuprofène par jour. Ça a marché, depuis que je suis en Finlande, je n’ai plus besoin de prendre et je n’ai plus de douleur. J’ai aussi eu le rhume pendant deux semaines lors de mon séjour à Uppsala. Finalement, j’ai eu quelques problèmes digestifs tout le temps où j’étais en Suède. Mettons que je méthanisait un peu trop – ça doit être la quantité industrielle de yogourt que j’ai mangée qui ne m’a pas fait.

Côté budget – tout est sous contrôle. Il faut continuer à faire attention et je ne peux pas me payer de luxe, mais je réussi à vivre avec 50$ par jour.

Côté horaire – je suis un en retard de quelques semaines sur ce qui était prévu. Je suis resté à Uppsala beaucoup plus longtemps que prévu et je ne le regrette pas même si maintenant j’ai de nouveaux défis à affronter avec la température qui est plus froide et les journées qui sont de plus en plus courte. Il ne reste qu’un peu plus de dix heures de clarté par jour.

Je vis encore presque quotidiennement des défis dont les principaux sont de me trouver un endroit pour coucher et savoir quand, quoi et où manger. Je travaille là-dessus…

L’aventure continue – direction le Maroc !

Au Ikea on trouve de tout même un ami – km 2691

Je sais, je sais, ça fait trop longtemps depuis mon dernier article. Je voulais écrire à propos des rencontres que j’ai faites et des gens que j’ai croisés sur ma route. J’ai réfléchi longuement sur la manière de vous les présenter. Devrais-je les séparer en catégorie ? Selon la longueur de la rencontre, le type de rencontre, le groupe d’âge, la nationalité, les sujets d’intérêt ? Ou plutôt parler en premier des gens qui m’ont accueilli chez eux, suivi de ceux que j’ai croisé dans des fêtes, ensuite ceux et celles que j’ai rencontré dans les auberges et camping et finalement ceux qui se sont retrouvés sur ma route, qui m’ont aidé et que je n’ai plus jamais revus ? Un peu compliqué tout ça… Voici ce que j’ai plutôt décidé de faire : vous écrire en détail chaque secondes de chacune des rencontres que j’ai faites. Assoyez-vous confortablement, y’en a pour quelques heures…

En montant dans l’avion – ben non, ben non, c’est une blague je vais résumer même si je ne sais pas comment je vais réussir à mettre en mots les éléments marquants de mes rencontres.

Ça fait maintenant un mois que je suis à Uppsala en Suède et je quitte demain matin pour me rendre en Finlande que je devrais rejoindre dimanche. En un mois, on a le temps de rencontrer du monde… J’ai habité chez Ellen, la copine de François avec qui j’ai étudié à l’université de Sherbrooke, le même qui a roulé avec moi pour quelques jours au Danemark et sur la côte ouest de la Suède et Louise, amie de longue date d’Ellen et comme elle, étudiante en agronomie à SLU (Sveriges lantbruksuniversitet). Le premier soir, dès mon arrivée, Louise m’invite à une fête de début d’année chez Gunilla. Ellen était toujours chez ses parents à Hedemora et devait arriver le lendemain alors que François faisait un peu de vélo en Norvège et devait nous rejoindre une semaine plus tard. Alors, chez Gunilla, j’ai rencontré son copain Markus et les autres : Fredrik, quelques Hanna, quelques Maria et d’autres dont je ne souviens malheureusement du nom. On parle, on boit quelques bières et on mange du pop corn. Tout va bien jusqu’à ce que Markus me pose une question : c’est quoi les chansons que vous chantez au Canada pour trinquer ? (J’ai traduit librement du suédois pour éviter les confusions – Kanada prends en K en suédois). Quoi ? une chanson, on n’en a pas vraiment… Un peu de déception chez les Suédois qui veulent « tout » connaître du « Kanada ». Vous pouvez m’en montrer une en suédois ! Fiew, la soirée est sauvée, il ne reste qu’à en choisir une facile parmi le répertoire plutôt bien garni des chansons suédoises pour trinquer. J’ai même droit aux paroles sur une feuille de papier. Alors cinq ou six couplets plus tard SKOL ! et on trinque. On la répète au moins trois fois de plus pour que je l’apprenne bien et SKOL ! Et quelques chansons de plus pour bien se préparer à la vraie fête qui a lieu à la salle de l’association des étudiants de la faculté de médecine vétérinaire. Je devrais plutôt dire des étudiantes, il y avait probablement 80% de filles dans la salle – ah, la Suède…

Kräftskiva à la maison - Uppsala

Des fêtes qui ont menées à des rencontres, il y en a eu d’autres. La première, kräftskiva – party de cancer (sérieusement, c’est la première traduction que l’on m’a donnée). Wow un party de cancer, tout le monde fume, on mange des gras saturés et au lieu des chandelles, on met des petits pots de matière radioactive sur les tables pour la lumière d’ambiance. On dit que les Suédois parlent très bien anglais, c’est vrai, mais ils en échappent des fois. La bonne traduction, c’est : party d’écrevisses. C’est un peu comme un party de homards sauf qu’il y a pas mal moins de viande dans la petite bête. Ah oui, on chante des chansons pour trinquer – spécialement conçues pour les kräftskiva et SKOL ! Le party a lieu à la maison (comme je suis ici pour un mois et que je paye une partie du loyer, je me permets de la considérer comme ma maison) et comme Louise travaille dans une poissonnerie, on a un bon prix pour les écrevisses. On est une quinzaine dont deux Maria et peut-être trois Hanna. Pour l’occasion, il y a même des amis de Belgique qui sont venus passer la fin de semaine avec nous – Lien (c’est comme Lyne, mais en flamand) et son copain Jente.

La seconde, party de Surströmming – tradition du nord de la Suède. Les Suédois aiment célébrer la bouffe et chanter. Le party a lieu dehors car le Surströmming est du harang fermenté qui sent un peu comme des déchets qui sont en train de pourrir. Interdit dans les appartements et dont l’odeur colle à tout. On le mange – oui oui oui – sur du pain croustillant sur lequel on met des pommes de terre, de l’oignon, de l’échalote, de la crème sûre et des tomates. Ça goûte salé et un peu fumé. On en met très peu donc ça ne goûte pas autant que ça sent. Pour accompagner le tout : de la bière quelques chansons et SKOL !

Il faut que je vous présente la famille d’Ellen – Pirko, Claes et Lina. Les parents habitent à Hedemora, une petite ville au nord ouest d’Uppasla et Lina habite à Stockholm depuis un mois (c’est important, vous comprendrez plus tard). Pirko et Claes sont passés à la maison quelques fois pour voir leur fille et leur gendre (pas marié le François, mais tout comme). Et bien, je suis allé passer quelques jours à Hedemora. François m’avait convaincu de l’accompagner. Il avait offert de couper du bois et ce serait l’occasion de faire un peu de scie à chaîne. On a été accueilli avec un bon petit lunch. On aurait besoin d’un peu d’énergie pour allonger l’entrée de garage ce qui permettrait d »enfin » pouvoir y mettre la remorque. Les plans avaient un peu changé. On a sorti les pelles et on s’est mis à creuser. Il fallait enlever environ 30 com de terre – ou plutôt de gazon et de glaise, enlever une souche, transplanter deux buissons, en enlever deux autres, installer une bordure et mettre du gravier pour finir le tout. Deux jours de travail, huit voyages de terre vers l’écocentre dont trois où on a rapporté de la petite roche et des poutres de bois et deux voyages de gravier plus tard le travail était fait (il fallait tout charger et décharger de la remorque nous-même, à la pelle). On aurait dit du travail de professionnel. La récompense, une petite partie de pêche à la mouche sur le lac privé du club de pêche de Claes. Après un peu de pratique, la mouche volait presque comme une vraie. François a pris une belle truite d’au moins 1 kilo. Rien pour moi sauf une super belle matinée avec François et Claes sur le lac. Ah oui, autre récompense de nos heures de dur labeur : la cuisine de Pirko. Quoi de mieux que la cuisine d’une mère ? (Surtout le gâteau au chocolat pour la collation – mmmm mmmmm mmmmmm).

Mouette suédoise - île de Färo, Suède

Après Hedemora, François et moi allions chercher Ellen chez Lina à Stockholm (nous avions la Volvo) pour se rendre sur l’île de Gotland. Lina habitait à Visby (Gotland) il y a quelques semaines et avait du quitter pour Stockholm d’urgence et n’avait pu déménager ses meubles (et tout le reste). Hier j’étais spécialiste en entrée de garage, aujourd’hui je suis déménageur. « Ça va être le fun, Gotland, c’est pas comme le reste de la Suède, c’est comme une île de la mer méditerranée » qu’ils ont dit. Eh bien, c’est pas aussi chaud, mais c’est assez beau. Il y a l’île principale – Gotland avec la ville médiévale de Visby et l’île de Färo qui est un peu comme les îles de la Madeleine, mais en Suédois. Beaucoup de vent, pas beaucoup d’arbres et des falaises fantastiques. Deux grosses demies journées de travail pour démonter les meubles (merci Ikea), faire les boîtes et tout placer dans la remorque et la voiture. Le plus gros jeu de Tetris que j’ai vu. J’ai l’impression que je fais maintenant partie de la famille Nilsson.

Je pourrais continuer encore longtemps et vous présenter un tas d’autres gens. Je vais me contenter de les remercier pour les bons moments. Merci Dag, Daniel et Anna, Don et Lindsay, Ulrika, Helene, Maria, Maria et Maria, Hanna, Hanna et Anna, Anton, Astrid, Markus, Gunilla, Fredrik, Adrian, Anders, Linnea, Lien et Jente, Estelle, et tous ceux dont j’ai oublié le nom, tous les employés des bureaux d’information touristique qui m’ont aidé – particulièrement ceux et celles de Nyköping, Örebro, Sigtuna et Degerfors, Aleksandra, Asia et Gadiel qui m’ont fait danser à Karlstad, Lina, Pirko et Claes, et surtout un super gros merci à Louise et Ellen (avec François) de m’avoir accueilli dans leur maison pour un mois, m’avoir fait participer à leur « automne de poisson » (miam miam miam), m’avoir assuré sur le mur d’escalade, d’avoir été d’aussi bons perdants aux cartes, au yatzee et à ticket to ride, de m’avoir fait devenir un peu plus Suédois, merci pour les déjeuners, les dîners et les soupers ensemble, les bières, le vin et le snaps, le pain dur, le pain craquant, le pain finlandais et le pain au lait de caribou, pour la cueillette de champignon, de pommes et de baies sauvages (toutes les sortes) et pour tout le reste… surtout merci d’être mes amiEs !

Ce soir j’ai le coeur plein de beaux souvenirs et les yeux plein d’eau. J’espère que nos chemins vont se recroiser bientôt.

Tack så mycket – Hej då !

Avec Ellen - Crux Uppsala