La Norvège, pays des premières – km 1791

Je sais, ça fait longtemps que je n’ai pas écrit d’aventures et ce n’est pas parce que je n’en ai pas eu – bien au contraire. Je suis de retour en Suède, mais aujourd’hui on parle de la Norvège… Et vous n’avez pas à demander, il y a eu beaucoup de pluie. au moins, ça fait pousser les plantes.

Réparateur de parapluie en Norvège - c'est pas une blague !

Alors, voici la Norvège :

Premier pépin mécanique – ça fait 20 km que je roule en Norvège et la piste cyclable passe sous la route. La piste n’a vraisemblablement pas été conçue par un cycliste. Ça descend à 10 %, passe sous la route et remonte à 10 %. Je suis surpris et je n’ai pas le temps de changer de vitesse avant de commencer à monter la côte (à 10 % d’inclinaison!) et je décide de changer de vitesse DANS la côte – pas une bonne idée ! Je dois passer du plateau du milieu au petit (ça c’est des termes de vélo, ça veut dire changer de la roulette du milieu à la petite sur le pédalier, j’ai trois roulettes). Je force, je suis debout sur les pédales et avec un bruit d’enfer, la chaîne saute sur le petit plateau – YÉ ! Ça redevient plat alors on retourne sur le plateau du milieu. Non, la chaîne retombe sur le petit plateau, on essaye encore et même résultat. La chaîne ne veut pas rester sur le plateau du milieu. Oups ! Le plateau du milieu est légèrement tordu, j’accepte seulement 50 % du blâme, l’autre 50 % est la faute de la gravité ! Bon, on fait quoi ? Je roule un peu dans l’espoir de trouver une boutique de vélo qui pourra m’aider ou au moins une station service pour demander de l’info et/ou essayer de réparer. Trois kilomètres plus loin, il y a une station service et je demande à la belle norvégienne derrière le comptoir s’il y a une boutique de vélo dans le village et elle me dit non. Bon, je vais essayer de réparer tout seul… On va commencer par défaire les plateaux et on va remettre ça droit ?!? Pas capable de dévisser le boulon avec mon petit outil. Merci les mécanos du Yéti qui ont bien serré tous les boulons avant mon départ. Après 15 minutes, j’abandonne. Je vais rouler et sûrement trouver une boutique de vélo dans le prochain village. En sortant du village je vois un beau concessionnaire Ford – Volvo – Renault avec les portes de l’atelier de réparation toutes grandes ouvertes. Ils doivent avoir ça des outils là-dedans. J’arrête et j’emprunte un marteau à Thor (ou quelque chose comme ça). Une couple de petits coups bien placé et TADAM !! réparé. C’est pas parfait, mais ça devrait faire la job. Merci Thor pour le marteau, on retourne rouler. En sortant, Thor me crie, si t’as besoin de pièce pour ton vélo, y’a une boutique à 200 mètres !

Première vraies montagnes – la terre n’est pas plate, elle est ronde j’en conviens, mais elle est ratatiné en maudit dans le bout de la Norvège. Ça paraissait pas sur Google Earth ! Ça fait 3 jours que je me tape des côtes à tous les jours, les jambes brûlent un ti-peu. Il me reste une journée à rouler avant d’arriver à la Rallarvegen – la plus belle route de vélo en Norvège dit-on. Avant de partir le matin, j’arrête au bureau d’information touristique pour m’informer sur les défis de la route. Ça devrait pas être trop pire, j’ai juste environ 60 km à faire. Le gars à l’information me dit qu’il y a une côte après 15 km, après ça descend puis ça remonte un peu pour redescendre un peu avant une dernière côte où le dernier kilomètre est un peu plus pentu puis ça descend jusqu’à Geilo. Ça pas l’air trop pire… Et maintenant la réalité : ça commence à monter dès la sortie du bureau d’information touristique ! Je pense que ça monte pas assez pou compter comme une côte selon les norvégiens ! Car après 15 km, ça monte pour vrai – 7 % pendant 10 kilomètre – sans un moment de répit. Ouf, au bout d’un peu plus d’une heure, je suis en haut. Je sais, c’est pas rapide, mais avec 40 kg de bagages sur le vélo, c’est le maximum. Au moins, ça descend maintenant pour un 7 ou 8 kilomètre. Rendu en bas, merde une autre côte, un peu moins pire : 7 km à 6 %. Je suis déjà vidé… Pas le choix, il faut continuer à pédaler. On passe la montagne et on arrive à la dernière côte, celle avec le dernier kilomètre un peu plus difficile. J’ai pas vu de différence entre le premier et le dernier kilomètre, j’ai souffert autant sur chacun. Au moins, le gars de l’info touristique avait raison – après ça descend jusqu’à Geilo. Au total, environ 30 km de monté et un peu plus de 2 800 mètres de dénivelé vertical monté. Y’a rien là dans le fond, c’est juste comme monter le Mont-Royal 20 fais dans la même journée.

Ah oui, quand j’écris « premières vraies montagnes », ben c’est parce que c’est des montagnes jusqu’à Bergen – sur 500 km.

Stratégie norvégienne contre les feux de forêt - un extincteur sur chaque arbre

Première camping sauvage – en Norvège, comme en Suède, on peut planter sa tente où l’on vent à au moins 150 mètres d’une habitation. Je suis sur la Rallarvegen, la plus belle route cyclable en Norvège, qui passe sur le dessus des montagnes. C’est un chemin de service qui a permis de construire la première voie ferrée entre Oslo et Bergen – 80 km de gravier, de terre et de roches. Ça il le disait pas à l’info touristique… C’est beau et c’est plein de cyclistes (interdit aux voitures) qui font des petites promenades de deux jours. Avec tout mon bagage, c’est pas aussi évident, mais c’est tellement beau avec les glaciers d’un côté et les lacs un peu partout. Il n’y a pas d’arbres, on culmine à plus de 1300 mètres au dessus du niveau de la mer. Pas de villages non plus si ce n’est de Finse : une gare, un hôtel, une boutique de vélo et 4 maisons. Heureusement qu’il y avait une boutique de vélo, car la route n’a pas été tendre avec ma monture et un des boulons qui retient le porte bagage avant a explosé. Tout a pu être réparé – merci Olav. La nuit arrive dans quelques heures et je suis à Finse, environ à mi-chemin sur la route. C’est le temps de commencer à penser à trouver un coin où monter la tente. On n’a pas le droit de s’installer à Finse – y’a des exceptions faut croire. Je roule un peu et environ 3 km passé Finse, je vois trois tentes à droite. J’arrête et je demande si ça dérange si je m’installe à côté. Pas de problèmes qu’on me dit. Je sais, ça fait moins sauvage avec des voisins tout près, mais ici j’admets que je suis un peu moumoune pis que c’est rassurant d’avoir des voisins. Je dois rappeler que c’est mon premier camping sauvage à vie. Comme récompense, je me lève avec vue sur les glaciers. La deuxième partie de la Rallarvegen descend presque tout le temps, les bras sont morts à la fin de la journée et les patins de freins on fondu de moitié. C’est pas grave, ça valait la peine 🙂

Ma vue devant ma tente près de Finse en Norvège

Premiers détours – c’est pas vraiment les premiers détours, mais ça continue le concept des premières. Comme il y a des montagnes, des fjords et tout plein d’autres déformations de la croûte terrestre en Norvège, il y a aussi des tunnels. Dans certains on peu passer en vélo, d’autres non. Alors il faut faire un détour. Dans certains cas, on ne peut même pas faire de détour, il faut prendre le train. Dans d’autres, l’autoroute passe dans la vallée et la route secondaire (pour moi et tous les autres cyclistes) par dessus les montagnes. Entre Voss et Dale, la route de la vallée fait 30 km, celle de la montagne 45 km et part de 60 mètres au dessus du niveau de la mer pour monter jusqu’à 900 m et redescendre à 68 m. Y’a rien là !! J’ai fait la route de Geilo, moi ! Sérieusement, la bière était bonne le soir parce qu’en plus de la montagne, il a plu toute la journée. Des allemands avec un motorisé m’ont même offert de monter pour faire un petit bout de chemin. Je devais faire pitié faut croire. Ben non, je ne suis pas monté. Souvenez-vous, le vélo c’est l’aventure…

Première dégustation bizarre– à Bergen, où il pleut 275 jours par année en moyenne, on retrouve un marché de poisson très célèbre. Beaucoup de saumons, de crevettes, quelques autres poissons et de la baleine. Oui, la Norvège autorise la pêche à la baleine, comme le japon et l’Islande. Et qu’est-ce qu’on fait quand on pêche une baleine, ben on la mange. J’ai donc goûté à un petit morceau de viande de baleine, pis non, ça ne goûte pas le poulet. En fait, ça ne goûte pas grand chose. J’achète des crevettes à la place, c’est bien meilleur !

Marché de poisson à Bergen - viande de baleine au milieu et saumon de chaque côté

Premiers norvégiens qui parlent français avec un accent d’italiens de St-Léonard – quoi ?? Après Bergen, je suis allé à Oslo en train, chez mon ami Nicolas. Nicolas était mon voisin quand j’avais sept ans et on jouait ensemble tout le temps. Ben, Nicolas habite la Norvège depuis environ 15 ans où il enseigne la psychologie sportive à l’institut des sports. Il habite sur une des montagnes qui entoure Oslo avec sa femme Stéphanie et les enfants Tobias, Kaïsa et Ebba. Tout ce beau monde est québécois, mais les enfants sont nés en Norvège et parlent plus le norvégien que le français. Donc, quand ils parlent le français, c’est avec un accent norvégien (sauf Ebba qui n’a que 7 mois). Les norvégiens roulent leurs R et en français, ça donne un accent qui ressemble à un italien de St-Léonard. Mettons que c’est assez comique. Sérieusement, j’ai été accueilli comme un roi, les enfants sont adorables et Nicolas m’a tout dit sur la vie en Norvège. Pour me faire visiter son petit coin, on est allé faire une petite ride de vélo de montagne. Oui, il est maniaque de vélo et je suis jaloux, il en avait deux tout neuf qu’il venait de rapporter du Québec. J’ai compris pourquoi on dit qu’Oslo est la capitale du sport d’hiver. En sortant de la porte de la maison de Nicolas, on a accès à 180 km de pistes de ski de fond éclairées et 1800 km de piste qui ne sont pas éclairées, un centre de ski alpin et le site des championnats du monde de ski nordique (ski de fond et saut à ski) de 2011 et le site des championnats du monde de surf des neiges en février 2012. Et l’été, ça devient un super terrain de jeux pour le vélo de montagne. Ça, et tout le reste, donne le goût de venir habituer en Norvège.

Je ne voulais pas partir, mais il faut bien continuer l’aventure… Même si je suis revenu en Suède, je garde mes aventures ici pour un prochain article.

Nicolas, Kaïsa et moi à Oslo

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Camping Ste-Madeleine sur la 20 entre Malmö et Göteborg – km 1038

Lors de la première semaine en Suède, il pleut, il pleut et il pleut. Je suis avec François et nous roulons le plus de kilomètre possible car il doit aller rejoindre Ellen à Stockholm dans une semaine – près de 1000 km pour lui. La pluie a ses avantages, elle nous permet de découvrir le merveilleux système de campings suédois. Il y a bien sûr une loi vieille d’un millénaire qui permet à quiconque de camper sur les terres publiques ou privées sans à avoir à demander la permission. Il faut être à plus de 100 mètres d’une habitation et ne pas détruire la végétation ou les cultures et ne pas laisser de traces. Ce camping « sauvage » semble la solution pour deux aventuriers à vélo qui ont un petit budget. Le hic, c’est que c’est bien beau sur papier, mais en réalité, c’est pas évident de faire du camping sauvage – surtout à la pluie battante. On se rabat alors sur les campings privés. On arrête au premier que l’on voit, avec notre journée de 110 km dans le corps. On s’informe du prix et de la disponibilité : 270 SEK pour l’emplacement, « ah mais vous il vous faut la carte de membre de l’association des camping » un autre 140 SEK. Au total, environ 60$ pour monter une petite tente (on en a mis deux, mais faut pas le dire). Douche non comprise. Y’a l’internet si on veut pour environ 10$ de l’heure. On va passer, on se connectera au McDo demain. Au moins, il y a une cuisinette donc on peut préparer le souper et manger sans se mouiller. Une fois tout terminé, on pourra utiliser le LAVE-VAISSELLE. Non mais, je commence à comprendre pourquoi c’est si cher… En passant, sur la centaine d’espaces de camping, il y avait quatre tentes et 726 mille roulottes qui payent toutes, comme nous, 270 SEK ! François doit encore être pompé !! Lendemain matin, nous utilisons encore la cuisine, question de rentabiliser notre investissement. En sortant, on entend de la musique : c’est la séance d’aérobie pour les enfants avec deux animatrices, microphones à la bouche qui font joyeusement bouger les petits suédois sur une musique commerciale locale. Il faut qu’ils soient en forme s’ils ne veulent pas se fatiguer trop vite dans les jeux gonflables. On aura tout vu.

François et moi décidons de nous séparer ici. Il doit rejoindre Stockholm et moi la Norvège. Nous devrions nous revoir dans environ 6 semaines. Je me dis que sans François, le soleil devrait se montrer le bout du nez. Ben non, il pleut encore pour une bonne partie de la journée. J’ai un peu ralenti la cadence, je ne suis plus pressé. Après 70 km, c’est le temps de trouver un camping. Selon la carte, il y en aurait un dans un peu plus de 5 km. En effet, après 6 km, je le vois en bas de la côte et il ne semble pas y avoir de jeux gonflables ici – fiew. C’est quand même pas donné pour un coin où le sol n’est pas trop saturé d’eau. Il y a un petit resto thématique (musique des années 60) et je décide de me payer la traite en prenant un burger Johnny Cash (avec la sauce spéciale!). Tout va bien jusqu’à ce qu’on commence à passer des papiers : c’est la soirée karaoké et c’est le temps de choisir sa chanson. Non, mais come on du camping !!

Fini le camping pour quelques jours, direction Göteborg où Lars m’accueille dans la maison de sa fille pour aussi longtemps que je veux. Lars est un médecin semi-retraité, membre de WarmShowers, qui travaille jusqu’à lundi, mais qui me dit que je peux aller coucher chez sa fille qui est parti en vacances. En passant, ça se pourrait qu’il y ait déjà deux australiens dans la maison. Faut pas s’en faire, il y a une petite chambre d’invité en haut donc il devrait y avoir de la place pour tout le monde. C’est le numéro 11, juste en haut du long escalier. La maison est littéralement bâtit sur un bloc de roc. Pour s’y rendre, on n’a qu’à monter à peu près 80 marches. Ça vaut la peine ! La porte est déjà ouverte et dans le salon je trouve Liz et Scott, les deux cyclistes australiens. Une super rencontre ! Liz et Scott sont des anciens professeurs au secondaire qui ont décidé de laisser l’enseignement et se sont lancées dans l’agriculture biologique. Ils ont construit la maison et les bâtiments de ferme de leurs mains. Ils ont utilisés des matériaux (pierre et bois) qu’ils ont trouvé sur le terrain et collecte l’eau de pluie pour leur consommation et arroser les légumes, chauffent au bois et ont des panneaux solaire sur le toit, donc pas besoin de se connecter au réseau électrique publique. Six mois par année, ils s’occupent de la ferme et accueillent des apprentis fermier biologique (ils sont membres du mouvement WWOOFing) et voyagent à vélo les six autres mois de l’année. Disons que nous avons eu de très belles conversations sur les constructions écologiques, l’agriculture bio et le développement durable. Une de nos conclusions : le volontarisme, c’est bon, mais pour que la masse change ses comportements, il faut légiférer. L’Australie s’apprête à voter une taxe sur le carbone, avec un gouvernement minoritaire où les députés verts et indépendants se retrouvent avec les votes décisifs. Les chanceux !!! Si vous passer par Kangourou Island près d’Adélaïde en Australie, passer leur dire un petit bonjour de ma part.
Je prends exemple sur mes nouveaux amis australiens et je décide de rester à Göteborg quelques jours pour me reposer avant de continuer vers le nord et la Norvège. De toute façon, il pleut encore. Mon corps est fatigué et y’a internet. Je suis quand même allé visiter un peu, mais j’ai pas trouvé Lisbeth Salander. Peut-être la prochaine fois. Après trois jours, c’est le temps de partir – le soleil est sorti.

La côte ouest est assez belle avec ses petits villages de pêcheurs. Il ne pleut pas, mais y’a de la côte. Pis là, je ne suis pas en train de me plaindre, parce que des côtes, c’est du travail, mais éventuellement ça redescend ! Pis après, la côte, y’a un camping – un autre. Plus petit, pas de jeux, directement sur le bord de la mer. Près de la réception, y’a déjà deux vélos chargés qui sont appuyés sur le mur. Je croise deux cyclistes allemands à l’intérieur et bien que la fille à la réception dise que c’est complet, eux disent qu’il y aurait de la place pour une petite tente au numéro 68. La fille me dit d’aller voir et de revenir si ça me convient. Y’a de la place juste à côté d’une petite famille de danois. Je reviens voir la fille derrière le comptoir pour lui dire que je vais m’installer. Elle me demande si je suis seul – oui, et si je suis cycliste – re-oui, ça tombe bien, il y a un spécial pour cycliste seul – 100 SEK au lieu de 215. François, il existe un camping en Suède qui traite bien les cyclistes ! Aujourd’hui, pas de douche, je vais me baigner dans la mer 🙂

Demain, la Norvège…

P.s.: Je vais mettre des photos bien tôt…

Histoires de douche – km 443

À Copenhague au Danemark et c’est le temps d’une petite pause. Mes jambes ont besoin d’un petit repos après plus de 400 km en quatre jours. C’est beaucoup pour commencer et je ne prévois pas conserver le même rythme pour les 8 prochains mois. Pourquoi alors tant rouler ? Pour rattraper François Perron et sa copine Ellen qui étaient environ 125 km devant moi et qui se dirigeaient aussi vers Copenhague. Je me suis dit que ça valait le peine de pousser un peu et pouvoir rouler avec des amis que je n’avais pas vus depuis l’automne dernier.

Première histoire de douche : le premier jour, je devais faire Brême – Hambourg, soit environ 125 km et avant même que je parte le matin – la pluie. Une fine bruine pour les 20 premiers kilomètres pour m’accueillir sur la route. Ensuite une petite pause (sans pluie) pour environ 5 km – juste le temps d’enlever imperméable. Et la pluie reprend, cette fois pour les prochains 70 km. Heureusement, j’ai vaincu la pluie, mais entrer à Hambourg en vélo n’est pas simple. Je ne me suis pas perdu, mais j’ai visité toute la zone portuaire sans vraiment le vouloir. Ma visite a continué un peu plus longtemps de l’autre côté du pont. En tout, un petit 15 km de visite (sans vraiment le vouloir).

Deuxième histoire de douche : où coucher à Hambourg quand on a un budget de 50$ au total pour la journée ? Auberge de jeunesse – non, camping – non, hôtel – encore moins. Couchsurfing peut-être ? Il y a mieux : WarmShowers.org. C’est comme un Couchsurfing pour cyclistes. Des cyclistes qui accueillent d’autres cyclistes et qui ne sont pas dérangés par tout notre bagage, le vélo et les odeurs de 125 km. Toute une aventure pour se rendre chez Thorsten en plein coeur d’un quartier branché de la ville, mais une fois rendu, la première questions qu’il me pose après avoir posé mes sacs est : would you like a warm shower ? Oh que ouiiiiii !! En plus de la douche, une très belle rencontre (non, pas dans la douche). Thorsten a beaucoup voyagé à vélo, se préparait pour le triathlon d’Hambourg dimanche et est lecteur de nouvelles à la télévision locale (genre TVA). Nous avons eu avec lui et sa copine de très belles discussions.

Troisième histoire de douches : la chasse au François Perron commun d’Amérique se poursuit, mais je ne sais pas à quelle distance je suis, comme je n’ai pas pu me connecter à Internet depuis Hambourg. Je roule, je roule, je roule et un peu passé Guldborg au Danemark, les cieux se sont ouverts. La douche vous dites ? Non LA douche – après deux jours, mes sacoches (et une partie de leur contenu) sont encore mouillées. Je décide de continuer à rouler – il faut rattraper François. Je croise une ferme où un vélo est appuyé. Le vélo me dit quelque chose, mais il est seul et je suis certain que François et Ellen doivent être beaucoup plus loin devant. Je continue à rouler et au bout de 80 km, je n’en peux plus. Il y a un village avec une auberge de jeunesse sur la carte et je ne rêve qu’à une douche chaude. Budget, pas budget, j’en ai besoin. J’arrête, il faut de toute façon que j’aille à la banque chercher des couronnes danoises. Je découvre que mon imperméable n’a pas des poches imperméables (en fait l’eau peut y entrer, mais pas en sortir). Mon portefeuille flotte dans l’eau et mon passeport aussi. Ah oui, il y a une boule de pâte à papier blanche et rose dans ma poche droite. Ce que c’était, je ne le saurai jamais… À le recherche de l’auberge de jeunesse, je vois deux vélo appuyé sur une clôture et je les reconnais. Les cyclistes ne doivent pas être trop loin. J’entre de le café le plus près et coucou ! L’air surpris d’Ellen valait un million de dollars d’euros. Je les avais dépasés. On se prend une petite bière et on fait le plan pour le reste de la journée, il est seulement 19h. Ils veulent rouler encore un peu vers le prochain village où on peut trouver une auberge de jeunesse. Ils voulaient un camping et je les ai convaincu auberge en échange de 15 km de route. Le 15 km devient 20 de vallons et nous arrivons à l’auberge. Heure de fermeture : 20h et il est 20h30. Rien à faire, dimanche soir, c’est fermé. On s’informe et on nous dit qu’il y a un B&B dans 2 à 3 km. Dimanche soir vous vous dites ? C’est ça, fermé aussi. En fait la porte n’est pas barrée, mais toutes les lumières sont éteintes et le chat ne nous aide pas beaucoup. On fait le tour, on va cogner chez les voisins – rien à faire. Sur la carte, il y a un camping dans une dizaine de kilomètres et il y aurait des douches chaudes… Nous arrivons dans le coin, il est maintenant environ 22h et nous trouvons la rue, mais aucune pancarte pour le camping. On arrête une voiture pour s’informer et on nous informe que le camping est fermé – depuis 3 ans. Le prochain camping est dans 10 km, dans la mauvaise direction et il fait noir. On demande à une femme qui est devant sa maison si nous pouvons monter nos tentes sur son terrain. Elle n’a pas de place, mais va cogner sur la voisine qui nous permet de camper dans son jardin. Nous finissons de monter les tentes à 22h30 et mangeons une petite bouchée. La douche devra attendre à demain…

Arrivé en Allemagne

Je suis arrivé. Le voyage fut un peu plus long et un peu plus fatiguant qu’anticipé, mais je suis finalement chez mon oncle et ma tante pour me reposer un peu avant de commencer à pédaler.

Heureusement, mon vélo n’a pas souffert du voyage autant que moi. En ouvrant la boite de transport, tout semblait en bonne condition. Le ré-assemblage n’a pris qu’environ 30 minutes et comme seul dommage, un réflecteur avant craqué. L’investissement en temps lors de l’emballage a valu la peine. Je dois aussi remercier la boutique Le Yéti qui m’a fourni une boite ainsi qu’assez de protection en mousse pour bien protéger le vélo.

À l’arrivée, beau soleil dans le ciel, mais les prévisions pour les prochains jours sont moins bonnes : ciel gris, 20 degré et de la pluie en perspective… De toute manière ca (pas encore trouvé la cédille sur le clavier) peut changer d’ici à vendredi quand je vais commencer à rouler pour vrai.

Demain, premier déplacement en vélo, un petit 20 km pour aller visiter mon autre oncle et tante. Je vais aussi essayer de rencontrer Francois Perron qui est dans le coin (Hamburg) et qui se dirige aussi en Suède en passant par le Danemark à vélo. On devrait s’attendre près de la frontière et faire quelques centaines de kilomètres ensemble. Je ne sais pas si c’est annonciateur du voyage, mais ca serait agréable de pouvoir etre (l’accent circonflexe je ne l’ai pas trouvé non plus !) accompagné comme ca tout le temps 🙂

Cet après-midi, je vais en ville faire un peu de tourisme et acheter quelques petites choses.

À bientot

Derniers préparatifs

À quelques jours du départ, c’est le temps de finaliser les préparatifs. En fin de semaine, il y a eu le déménagement et les boîtes à entreposer chez les parents et le grand frère. Demain, la dernière journée de travail pour transférer les quelques dossiers restants et saluer les collègues des deux dernières années. Les quelques jours qui restent avant le départ lundi serviront à tester l’équipement, faire la mise au point du vélo, faire les achats de dernière minute et surtout dire un au revoir aux amiEs.

Tout semble s’accélérer et je sens la fébrilité monter. Je ne veux rien oublier, charger mes batteries et profiter des derniers jours dans la ville de Montréal que j’aime tant. Il me reste à apprivoiser WordPress, les nouvelles caméras et le réchaud pour pouvoir bien partager mes découvertes (le réchaud, c’est plus pour me nourrir, mais quand j’ai faim, j’ai un peu moins de créativité).

On se reparle juste avant le départ…