Confidences sur un oreiller – km 6326

Avant de débuter mon aventure, j’avais la présomption que tous les humains étaient bâtis en suivant le même plan. Bien sûr, il y a des petites différences, mais rien de majeur. Certains sont plus grands, d’autres plus petits, des un peu plus minces et d’autres un peu plus ronds; des femmes et des hommes. Et pour la diversité, le tout est disponible dans une vaste combinaison de palettes de couleurs pour la peau, les cheveux et les yeux. Eh bien, je me suis trompé. Il y a des différences fondamentales entre la morphologie des habitants des pays que j’ai visités jusqu’à maintenant. Et comment en suis-je venu à cette conclusion ? Les oreillers !

C’est impossible à comprendre, mais j’ai dormi sur tellement d’oreillers aux formes différentes en six mois qu’il faut qu’il y ait des vraies différences. Comme base de comparaison, je ne vais pas utiliser mon oreiller de camping qui fait 30 X 15 cm, mais plutôt l’oreiller standard de lit double sur lequel je dors depuis plusieurs années. Il est de forme rectangulaire et permet de supporter la tête qu’on dorme sur le dos ou sur le côté. En Scandinavie (Norvège, Suède et Finlande), on retrouve sensiblement le même type d’oreiller. Les différences commencent à apparaître en Allemagne où on retrouve des oreillers carrés. Ils ont la même largeur que les nôtres, mais sont carrés. Résultat, soit on mets les épaules sur l’oreiller ou on descend dans le lit pour l’utiliser comme un modèle nord-américain ce qui peut causer un dépassement des pieds à l’autre extrémité du lit. Dans les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) et en Pologne, on en retrouve deux types : le super mince et le super dur qui est un peu comme un annuaire dans un taie d’oreiller. En Espagne, il y a le rectangulaire super large – de la largeur du lit. Donc un seul oreiller par lit. Pour moi, ce n’est pas grave, car j’ai l’oreiller à moi tout seul, mais j’ose même pas imaginer la chicane que ça peut causer pour les couples… Par contre, mettre la taie d’oreiller est tout un défi. Je me suis battu avec une pendant au moins 15 minutes avant de me rendre compte qu’elle était ouverte aux deux extrémités pour faciliter l’enfilement. Sont pas si fous que ça les espagnoles en fin de compte. Et le pire des pires oreillers sur lequel j’ai posé ma tête, est le boudin français. En plus d’être haut, il est assez rigide. J’en mal au cou juste à y penser.

Nice is nice !

À part ça, les cousins Français sont assez gentils et ils aiment bien les cyclistes. Ça faisait 15 km que j’avais traversé la frontière avec l’Allemagne qu’un automobiliste s’arrête devant moi pour me dire que j’avais échappé quelque chose (mes gants et un « bungee cord »). Il m’a raconté son dernier voyage à vélo pendant au moins 20 minutes. Un peu plus tard dans la journée, c’est une cycliste qui vient me faire la conversation en roulant. Elle me demande où je vais et me dit que ça tombe bien parce qu’elle va dans la même direction et qu’elle pourra me guider. Nous avons donc roulé ensemble dans les vignobles Alsaciens – c’était de toute beauté. Le seul hic, c’est qu’elle m’a fait prendre un « raccourci » de 30 km. J’ai roulé 30 km de plus que je ne l’aurais dû, mais bon, le soleil était de la partie.

Quelques jours plus tard, en Provence, un autre cycliste a offert de me guider. Il m’offrait trois chemins l’ascension du Castelet. Une longue avec une grosse montée, une courte qui monte tout le temps très fort et une moyenne qui monte de façon régulière. J’ai choisi la troisième et cette fois c’était la meilleure solution même si encore une fois on passait à deux coins de rue de sa maison. Ce coin de la France est vraiment très beau. Comme la Côte d’Azur où j’ai passé quelques jours. J’en ai même profité pour aller rouler à Monaco. La route entre Nice et Monaco longe la mer et est assez escarpé. Trois options s’offrent à nous : la basse corniche, la moyenne corniche et la haute corniche. Ici, je suis allé avec la basse corniche pour l’aller et la moyenne pour le retour. Monaco pourrait être sur une autre planète tellement il y a de la richesse dans ce petit état. En passant devant le casino de Monte-Carlo, j’ai vu plus de Ferrari, Lamborghini, Rolls-Royce et autres Bentley qu’il n’y en a sûrement au Canada. Le plus surprenant, c’est que c’est moi sur mon vélo qui faisait tourner le plus de tête. Le portier du casino me regardait avec immense sourire qui semblait dire: « puis-je garer votre vélo? Je vais faire déplacer la Ferrari pour vous faire un place ».

Casino de Monte-Carlo à Monace

Même si les oreillers m’ont causés certains problèmes en France, je n’ai pas eu trop de difficulté en en trouver sauf un soir. J’étais en Camargue et j’allais m’arrêter dans un petit village où il y avait deux hôtels : Salin-de-Giraud – population 2080 habitants. J’arrive au premier hôtel et à ma grande surprise il est complet. Qu’est-ce qu’il se passe? C’est la fin de la saison de la récolte du sel et le début de la chasse. Pas grave, il y a le deuxième hôtel. J’y arrive et il a l’air fermé, mais un couple en sort. Ils dorment à l’hôtel, mais le propriétaire est en vacances et personne n’est à la réception. Ils avaient réservé à l’avance et le proriétaire leur avait laissé le code de la porte et une clé pour leur chambre. On essaie d’appeler le propriétaire, mais sans succès. On m’a proposé de squatter dans le lobby de l’hôtel pour la nuit… J’ai décidé d’explorer une autre possibilité. Je suis allé au commissariat de police pour voir s’il y aurait un autre endroit où coucher. Là, les petits vites vont se dirent que j’ai couché en prison avec un oreiller en boudin hihihi. Ben non, le village est tellement petit qu’il n’y a même pas de prison! Gérard (c’est vraiment son nom), le gendarme voulait appeler chez quelqu’un qui loue des chambres à la semaine pour voir s’il n’aurait pas une chambre libre pour la nuit, mais ne trouvait pas son numéro. Une gendarme lui a suggéré de regarder dans un dossier – ils avaient fait une descente là quelques semaines plus tôt. Malheureusement, il était complet (fin de la saison de récolte du sel et début de la chasse).Dernière option: y a-t-il un endroit où je pourrais monter ma tente dans le village? Pourquoi pas, si j’allais dans le bois sacré et que je mettais derrière les arbres, il n’y aurait pas de problèmes et si quelqu’un venait m’embêter, je n’avais qu’à dire que j’avais l’autorisation des gendarmes. Le bois sacré n’est en fait qu’un petit parc où il y a des modules de jeux pour les enfants. J’y ai trouvé un super beau petit coin: un des modules avait été enlevé, mais il restait une base en caoutchouc deux fois grande comme ma tente et c’était derrière les arbres. Mettons que c’était assez confortable même avec mon petit oreiller de camping. J’ai dormi comme un bébé jusqu’à 5 heures du matin quand j’ai commencé à entendre des coups de feu – début de la saison de la chasse…

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4 réflexions au sujet de « Confidences sur un oreiller – km 6326 »

  1. Effectivement, assez humoristique et différent comme texte…on voit que tu t’amuses.

    Belle analyse sur les oreillers…c’est profond!!!:)

    On est prêt à sauter au prochain continent, lâche-pas!!!

    Frank

  2. Il va falloir attendre un peu les enfants pour l’Afrique – il me reste à écrire mes aventures espagnoles avant. (ça devrait se faire dans quelques jours), même si moi je suis déjà rendu sur l’autre continent. 🙂

  3. T’en vois des trucs mine de rien… je trouve ultra sympatique l’histoire des gendarmes français :-).

    Moi aussi à Ch’nève en Suisse j’ai eu des problèmes d’oreillers. En fait j’ai pas su acheter le bon: je me suis ramassé avec l’oreiller allemand carré et surdimensionné. Ca va bien pour écrire à l’ordinateur au lit (comme maintenant) mais pour dormir vraiment pas confo.

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